Les Jésuites de la Province de Belgique Méridionale et du Luxembourg (BML)

Accueil > ACTUALITES > SAVOIR LIRE LES SIGNES DE DIEU DANS SA VIE

SAVOIR LIRE LES SIGNES DE DIEU DANS SA VIE

10 juin 2013

Cité du Vatican, 7 juin 2013 (VIS).
Le Saint-Père a reçu ce matin plusieurs milliers d’écoliers italiens et albanais des instituts jésuites, accompagnés des familles et enseignants, auxquels il a d’emblée déclaré : "J’ai préparé un texte de cinq pages. C’est trop, alors je le confie au Père Provincial et au Père Lombardi, qui vous le remettrons. Je préfère répondre directement à vos questions".
Dans le document écrit le Pape développe la nature et la mission de l’école, qui "est un foyer de croissance et d’entraînement à la vie... A l’image de ce que pensait saint Ignace, l’école sert avant tout pour apprendre à être magnanimes...à avoir de la grandeur d’âme, c’est à dire des idéaux, la volonté de faire de grandes choses en répondant à la volonté divine et en accomplissant correctement jour après jour ce qu’il nous demande". Parmi ces attentes de Dieu il y a la rencontre de l’autre et les gestes quotidiens accomplis de grand coeur. "Mais l’école ne se limite pas à sa dimension intellectuelle. L’école des jésuites est particulièrement attentive au développement des vertus que sont la loyauté, le respect, la fidélité et l’engagement, ainsi qu’aux valeurs fondamentales de la liberté et du service. Soyez avant tout des personnes libres...c’est à dire capables de refléter et évaluer leurs actions...car ce sont des comportements qui font grandir et choisir le bien... Il faut être libres afin de toujours choisir le bien. Soyez libres pour faire le bien et n’ayez pas peur pour cela d’aller à contre courant. Même si c’est difficile... La liberté donne une épine dorsale pour aborder la vie avec courage et patiente... Dans vos écoles vous prenez part de de multiples activités qui vous forment à ne pas vous renfermer sur vous mêmes mais à vous ouvrir aux autres, aux plus besogneux prioritairement, à oeuvrer pour un monde meilleur... Mais pour cela il faut aussi une formation spirituelle... Il faut aimer Jésus d’autant que notre existence est une réponse à son appel. En lui répondant vous serez heureux et construirez correctement votre vie. Vous devez ressentir la présence du Seigneur dans votre vie...dans la prière et le dialogue avec lui, dans la lecture de la Bible où vous verrez combien il nous est proche. Apprenez aussi à lire les signes de Dieu qui nous parle jusque dans les événements de l’existence. C’est à nous de l’entendre".
"Et ne vous découragez jamais face aux enjeux de l’école", a lancé le Pape François à l’adresse des enseignants. "Eduquer n’est pas un métier mais une attitude et un mode d’être. Pour enseigner il faut sortir de soi et être au milieu des jeunes qu’on accompagne au long de leur croissance... Enseignez donc et voyez en cela la beauté et la bonté de la création et de l’homme qui sont marqués du sceau du Créateur. Mais soyez surtout des témoins de ce que vous transmettez..., des connaissances et des valeurs...accompagnées d’une cohérence de vie personnelle. Sans celle ci il est impossible d’éduquer... L’école doit être un catalyseur et un lieu de convergence...pour former et aider les jeunes à devenir adultes, des adultes simples, compétents et honnêtes qui sachent aimer et répondre aux attentes de Dieu dans la société comme dans le travail... Trouvez aussi de nouvelles formes d’éducation en fonction des lieux, des temps et des personnes... Le Seigneur sera toujours à vos côtés, vous relèvera des échecs et vous poussera à grandir et à agir avec magnanimité".
A un élève qui lui a demandé des conseils pratiques pour grandir malgré les doutes, le Pape François a répondu : "Aller de l’avant est un art, même si nous allons toujours trop vite. On se fatigue et on n’arrive pas correctement au bout du chemin. Il faut donc faire des pauses, avancer en regardant l’horizon et en réfléchissant à notre but, en tenant compte de notre fatigue. Souvent le chemin est difficile mais il faut rester fidèle à l’objectif, malgré les mauvais jours et les échecs. L’important n’est pas de ne pas chuter, mais de ne pas craindre les chutes, de se relever rapidement et de repartir. C’est un effort de chaque jour, une façon humaine d’avancer. Mais il est moche d’avancer seul. Il faut marcher en compagnie d’amis" pour parvenir au but fixé. Après quoi une élève lui a demandé s’il voyait encore ses amis : "Je suis Pape depuis deux mois et demi et mes mais sont à quatorze heures de vol d’ici. Trois d’entre eux sont venus me voir. Avec les autres nous nous écrivons. Non, on ne peut vivre sans amis". A un autre qui lui a demandé s’il avait désiré être Pape, il a répondu : "Quelqu’un qui désire devenir Pape ne se veut pas du bien. Moi, je ne l’ai pas désiré !". Enfin il lui a été demandé pourquoi il avait renoncé à vivre au palais et à utiliser une belle voiture. Est-ce pour renoncer à la richesse ? : "Ce n’est pas seulement une question de richesse, mais un problème personnel. J’ai besoin de vivre au milieu des gens car vivre seul et isolé me ferait mal. Quelqu’un m’a demandé pourquoi je n’allais pas loger" au palais. Je lui ai répondu que c’était par précaution psychiatrique, en raison de ma personnalité. Même si l’appartement papal n’est pas particulièrement luxueux, je ne saurais y vivre seul. Et puis, aujourd’hui, on voit tant de pauvreté. C’est scandaleux dans un monde si riche et pleins de ressources mais où tant d’enfants n’ont rien à manger, sont dans la misère et sans éducation. N’est-ce pas un cri ? Pensons tous à être un peu plus pauvres pour ressembler mieux à Jésus, le Maître pauvre. En résumé, il ne s’agit pas d’un problème de vertu personnelle. Je ne peux vivre seul". Un dernier écolier a demandé au Saint-Père comment il est possible de vivre à côté de la pauvreté : "Vous les jeunes, ne vous faites pas voler l’espérance. Qui peut vous la voler ? L’esprit du monde, la richesse, la vanité, la superbe et l’orgueil. Où trouver l’espérance ? En Jésus pauvre, qui s’est fait pauvre pour nous. La pauvreté nous oblige à semer l’espérance. C’est difficile à comprendre. Dans une lettre, le Père Arrupe", qui fut le Général de la Compagnie de Jésus, "abordait la question de comment étudier la question sociale. Et à la fin il écrivait qu’on ne peut disserter d’une pauvreté abstraite, c’est à dire inexistante. La pauvreté est la chair de Jésus pauvre qu’on trouve dans dans l’enfant affamé ou malade... Allez à la rencontre de cette réalité injuste et ne vous laissez pas voler l’espérance par le confort qui conduit au néant existentiel. Alors investissez sur les idéaux. Voila mon conseil".

Dans cette rubrique

Voir aussi

Dernières News