Les Jésuites de la Province de Belgique Méridionale et du Luxembourg (BML)

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P. Philippe de Scouville (1622-1701), apôtre du Luxembourg au XVIIe siècle

14 janvier 2012

Philippe de Scouville naît le 17 novembre 1622 à Champlon près de Marche dans l’ancien duché de Luxembourg. Après avoir achevé ses humanités au collège jésuite de Luxembourg, il acquiert en 1643 le grade de licencié en droit civil et en droit canon à Louvain. Il exerce pendant deux ans comme avocat auprès du conseil provincial de Luxembourg, suivant l’exemple de son père.

Le missionnaire des campagnes

Fin 1643, Scouville est accepté dans la Compagnie de Jésus et entre au noviciat de Tournai le 11 mars 1644. Il enseigne ensuite dans différents collèges de la province gallo-belge et reçoit l’ordination sacerdotale après avoir étudié la théologie à Douai. En 1662, il prononce les vœux solennels de profès à Luxembourg et il est nommé responsable des missions rurales du collège, charge qu’il exercera jusqu’à sa mort en 1701 avec l’appui des autorités civiles et ecclésiastiques. Dès lors, Scouville sillonne sans arrêt les paroisses du duché de Luxembourg, et, plus largement, des principautés ecclésiastiques de Trèves et de Cologne, du duché de Juliers et Berg, du diocèse de Liège et de la Lorraine. Il y prêche, enseigne le catéchisme, écoute les aveux des pénitents et célèbre l’eucharistie. Il s’emploie à redonner vigueur à la discipline ecclésiastique telle que le concile de Trente l’avait définie et accompagne l’évêque suffragant de Trèves lors des visites pastorales de 1679, 1688 et 1691-92.

Le fondateur des confréries de la doctrine chrétienne

Pour prolonger le renouveau de la vie chrétienne après les missions, Scouville fonde dans quelques 130, voire plus de 200 paroisse des confréries de la doctrine chrétienne dont il fixe lui-même les règles dans le Bericht von der heiligen und hochlöblichen Bruderschaft Jesu und Mariä paru en 1667 à Luxembourg. Un abrégé de cet ouvrage connaîtra une douzaine d’éditions entre 1741 et 1838.

L’auteur de catéchismes et d’ouvrages de piété

Le nom de Scouville atteindra surtout une grande célébrité à cause des catéchismes qu’il rédige après avoir agi comme missionnaire des campagnes pendant une quinzaine d’années. Son grand catéchisme, le Catechismus R. P. Petri Canisii paraît en 8 volumes entre 1676 et 1692 à Trèves et à Cologne ; il constitue une œuvre originale destinée avant tout au clergé. Le petit catéchisme de Scouville, Abrégé du catéchisme catholique ou Christ-catholische Glaubenslehr, sera réédité plus de 40 fois en allemand et 10 fois en français. Il deviendra le manuel par excellence du Luxembourg jusqu’en 1840 et le catéchisme diocésain de l’archidiocèse de Trèves dont dépend la majorité des paroisses du Luxembourg, pendant toute la première moitié du XVIIIe siècle. Enfin, Scouville rédige pour les plus jeunes des Petits abrégés du catéchisme catholique en français et en allemand qui reprennent le contenu des « abrégés » en 6 au lieu de 20 questions par leçon. Sans oublier plusieurs vies de saints et différents opuscules de piété ou de formation spirituelle.

Scouville peut donc être considéré comme l’une des toutes grandes figures de la réforme catholique dans l’ancien duché de Luxembourg.

[/Josy Birsens s.j./]

(paru dans : Piété baroque en Luxembourg, Bastogne (Musée en Piconrue) 1995, p. 111)

Bibliographie

A. PRUVOST, Vie du R. P. Philippe de Scouville de la Compagnie de Jésus, Luxembourg 1866 ; J. BIRSENS, Manuels de catéchisme, missions de campagne et mentalités populaires dans le duché de Luxembourg aux XVIIe-XVIIIe siècles. In : Publications de la Section Historique 105 (1990), p. 9-375 ; J. BIRSENS, Philippe de Scouville (1622-1701). In : Für Gott und die Menschen. Die Gesellschaft Jesu und ihr Wirken im Erzbistum Trier. Mainz 1991, p. 353-356.