Les Jésuites de la Province de Belgique Méridionale et du Luxembourg (BML)

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Messe d’ouverture de la 36e Congrégation générale

Rome, église du Gesù, le 2 octobre

4 octobre 2016

Les 215 membres de la Congrégation générale des jésuites ont célébré la messe à l’église du Gesù, ce 2 octobre, pour ouvrir leur assemblée. L’eucharistie a été présidée par le P. Bruno Cadoré, le Maïtre de l’Ordre des Prêcheurs. Selon une tradition qui dure depuis longtemps, le supérieur des dominicains est invité à présider les funérailles du Général des jésuites. Cette fois-ci, cependant, le Maître a été invité à présider la célébration d’ouverture de la Congrégation qui va recevoir la démission du P. Nicolás. Ce sera de fait la première tâche de la Congrégation avant de discuter sur l’état de la Compagnie et d’élire le nouveau Général.


Le père Bruno Cadoré, a prononcé l’homélie que lui ont inspiré les textes de la liturgie du jour, ceux du 27e dimanche du temps ordinaire. Il s’agissait de textes du prophète Habacuc, de la lettre de saint Paul à Timothée et de l’évangile de Luc au chapitre 17.

Le père Cadoré a d’abord attiré l’attention sur la demande des apôtres à Jésus : « Seigneur, augmente en nous la foi ». Voilà l’attitude qui convient au début de cette Congrégation générale. L’homéliste précise pourquoi : « Cette foi est nécessaire – même si elle reste aussi modeste en apparence qu’un grain de moutarde – parce qu’il s’agit d’oser viser l’improbable : ‘vous auriez dit à l’arbre que voici, va te planter dans la mer, et il vous aurait obéi’. Elle est nécessaire, de plus, parce qu’il s’agit de comprendre que, même si l’on vise l’incroyable, il faut oser dire aussi : ‘nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir’ ! Une assemblée comme la vôtre (…) se déploiera sans doute entre le devoir d’appeler sans cesse la Compagnie à oser l’audace de l’ « improbable », et la volonté évangélique de le faire avec l’humilité de ceux qui savent que, dans ce service où l’humain engage toute son énergie, « tout dépend de Dieu ».

Cette audace de viser l’impossible était celle d’Ignace au temps où il fonda la petite Compagnie de Jésus. Est-elle possible à l’époque de crise que nous connaissons où des violences de toutes sortes se manifestent ? Elle est possible, affirme le dominicain aux jésuites, si c’est « l’audace de faire entendre à travers vos engagements, vos paroles, vos solidarités, la voix toujours inattendue de Celui qui espère le monde, renverse la mort et établit la vie, Celui à qui vous cherchez à rendre la plus grande gloire ». Elle n’est possible que si elle s’appuie sur le conseil de Paul à son ami Timothée : « Trouver la force et la créativité de la fidélité dans le souffle en lequel nous tient l’Esprit qui nous conduit dans la rencontre et l’écoute de l’autre, qui creuse au cœur de l’homme le puits de compassion, qui consolide l’alliance indéfectible avec ceux qui nous sont confiés. »

Enfin, insiste le père Cadoré, si la foi dont ont besoin les apôtres doit être marquée par l’audace, elle doit être en même temps celle de l’humble serviteur, celle dont la vie est véritablement donnée pour les autres. « De quoi est-il, précisément, le serviteur ? D’une table, table des pécheurs, table de l’accueil de tous où sont invités aveugles et boiteux, pharisiens et publicains, adultères et hommes de bien. Votre fondateur, Ignace, priait ainsi : ‘Seigneur Jésus, apprenez-nous à être généreux, à vous aimer comme vous le méritez, à donner sans compter, à combattre sans souci des blessures, à travailler sans chercher le repos, à nous dépenser sans attendre d’autre récompense que celle de savoir que nous faisons votre Sainte Volonté’ ? N’est-ce pas une invitation, aujourd’hui encore, à nous mettre tous au service de cette table ? »

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