Les Jésuites de la Province de Belgique Méridionale et du Luxembourg (BML)

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Les jésuites se rencontrent

6 mai 2013

Journée de province 1er mai

Dans l’esprit de ce qui avait été vécu l’année dernière, 121 membres des communautés de la province se sont rassemblés à l’Arsenal à Namur sous le soleil printanier du 1er mai. Les laïques associées et le P. Frans Mistiaen, socius de la Province du Nord, deux scolastiques de Sèvres étudiants avec Quentin Coppieters en repos à La Diglette, le F. Walter de Vreese (ACE) et le P. Albert Huart se sont joints à cette assemblée. Les trois communautés de Namur avaient pris en charge la préparation et l’animation de cette journée autour du thème : la communauté, une dimension de la vie jésuite.

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Le P. Nader Michel, maître des novices de la Province du Proche Orient, supérieur de la résidence du Caire et médecin, a introduit la journée en reprenant des éléments de sa communication à la dernière congrégation des procureurs.

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La vie communautaire jésuite ne peut être réfléchie indépendamment de l’identité apostolique jésuite et de la vie apostolique. Étant au service de l’identité et de la mission, elle ne peut se penser comme une fin en soi. Pour cela, il faut comprendre ce qui fait le ‘caractère’ ou le ‘type’ jésuite, la ‘culture’ jésuite dans ses dimensions affectives-spirituelles et apostoliques.

En fait, nous sommes attachés personnellement au Christ et nous sommes mus par une culture du travail et de l’efficacité. Nous trouvons ainsi notre valeur personnelle dans ce que nous faisons. Jaloux de notre liberté de penser, nous n’aimons pas être bousculés. Dès lors, nous avons besoin d’être soutenus et reçus dans notre chemin vers Dieu et vers les autres. Nous trouvons ce soutien et cette reconnaissance dans un lien fraternel à travers lequel s’expriment la confiance et l’estime mutuelle. La préparation et la formation des supérieurs au leadership ignatien, comme une vie spirituelle profonde qui se marque dans l’eucharistie et la retraite annuelle sont les conditions de réalisation de cette vie fraternelle.

Cela vaut donc la peine de réfléchir à la qualité de notre vie communautaire sous ses trois dimensions : identité jésuite, communauté et mission (35e CG, Décret 2, n° 19). C’est en ce sens qu’elle est mission et signe pour ceux qui qui nous côtoient et nous regardent vivre.

Des questions et réponses il ressort.

-  Il y a une manière d’être présent gratuitement aux membres d’une communauté qui est aussi une mission et un status.

-  La congrégation des procureurs n’a pas donné d’orientations pour la vie communautaire. La mise en œuvre du triptyque identité jésuite-communauté- mission est à présent à l’œuvre. Il s’agit de procéder par essais et mise en commun d’expériences. Comment atteindre une forme de vie communautaire en intégrant ce que nous sommes ? Comment l’expérience personnelle des exercices spirituels peut-elle être mise en œuvre pour et en vue des autres ?

-  La culture jésuite intègre la vie fraternelle et la collaboration avec les autres. La difficulté de collaborer réside aussi dans le souci de s’affirmer par ce que l’on produit et par la peur d’être jugé. Comment vivre autrement que sur le mode de la production ? Comment se convertir à être autrement pour nos frères ?

-  Notre lieu d’appartenance, c’est la Compagnie à partir duquel nous nous rapportons à d’autres lieux.

-  Les musulmans nous regardent comme des témoins de Dieu, même s’ils ne comprennent pas notre célibat.

En début d’après-midi, le P. Nader Michel a brossé un tableau de la situation actuelle en Égypte et au Proche-Orient, après un rappel historique des 50 dernière années.

En 2011, un vent de liberté, d’ouverture et de sens du bien commun a rassemblé le peuple égyptien. Cela a duré deux semaines. Depuis lors, on assiste à une déconstruction qui se marque notamment par le fait que l’autorité est bravée partout. Dans un tel climat, en plus du déclin de l’économie, la joie de vivre s’en est allée, les jeunes ont commencé à quitter le pays et des pressions sont faites sur les chrétiens qui vivent dans les milieux populaires (en deux ans il y a eu autant de tueries de chrétiens que durant les 30 dernières années). Aujourd’hui l’Égypte est au cœur d’enjeux internationaux où les États-Unis mènent une guerre à l’islamisme. Sur ce fond de crise il y a des signes positifs : une graine de liberté a été semée, les différentes communautés chrétiennes se rapprochent, un débat se fait jour à l’intérieur de l’islam. Pour que tout cela réussisse, il faut du temps.

Le P. Provincial a ensuite actualisé les options apostoliques et communautaires de la province : rassembler, décloisonner, se rapprocher.

Dans tous les lieux actuels, qu’ils soient prioritaires ou pas, chacun et les communautés sont appelés à ce que la vie communautaire soit de qualité et que les engagements apostoliques soient porteurs. Ainsi en est-il du projet St-Martin à Liège et de celui de St-Loup à Namur.

Le rapprochement avec la Province de France avance dans cet esprit. La rencontre des supérieurs au Châtelard et des directeurs d’établissements scolaires à Wavre en témoignent tout comme la collaboration dans les éditions, les liens entre les Centres Spirituels, les Réseaux Jeunesse,… En août 2014 les jésuites des deux provinces sont conviés à une retraite commune à Drongen ou à Wépion (6-15 août) et les 15-17 août à Bruxelles à une rencontre de ceux et celles avec lesquels ils sont en collaboration.

Le 23 novembre prochain aura lieu à Erpent une journée fondatrice de la famille ignatienne en Belgique francophone et au Luxembourg.

Quand le P. Général parle de la qualité de notre présence, il privilégie la profondeur dans la prise en considération des questions actuelles et dans nos relations.

Aujourd’hui, nous pouvons tous nous réjouir en considérant le travail et les changements en cours à partir de notre créativité et de nos insertions apostoliques qui signifient notre charisme. Patience, bienveillance, réconciliation sont autant d’attitudes rencontrées lors des visites de communautés et dont nous pouvons nous réjouir.

Avant l’eucharistie, le P. Marcel Rémon a donné un aperçu de la réflexion en cours sur le projet St-Loup.

Tout d’abord, ce projet concerne non seulement les jésuites de Namur, mais aussi l’Église locale, l’université et les groupes qui animent les lieux. C’est dans cet esprit que l’évêque de Namur a demandé à Michel Hermans de devenir curé de St-Jean St-Loup. Petit à petit germe l’idée de développer une ‘pastorale du seuil’ à partir de St-Loup : lieu culturel, cultuel, artistique et social.

Le groupe de réflexion : Michel Hermans, Marcel Rémon, Daniel Sonveaux a reçu la mission de vérifier en deux ans la faisabilité du projet qui concerne le clergé local, les laïcs et les jésuites. Les jésuites sont-ils les bienvenus ? Pouvons-nous remplir cette mission avec nos spécificités ?

La journée s’est clôturée par la célébration de l’Eucharistie à la Chapelle Notre-Dame de La Paix avec Albert Evrard récemment ordonné diacre, la visite de l’église St-Loup et par un repas dans la brasserie-restaurant François (alias Henri) de la place St-Aubain.

Tous ont apprécié l’ambiance chaleureuse et fraternelle de cette journée et remercient ceux qui l’ont préparée et organisée cette journée. Rendez-vous est déjà pris le jeudi 1er mai 2014 pour la prochaine journée de province.

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