Les Jésuites de la Province de Belgique Méridionale et du Luxembourg (BML)

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Les jésuites au service des réfugiés

22 juin 2012

Depuis l’invasion américaine en 2003, la Jordanie est devenue un havre de sécurité pour des dizaines de milliers d’Irakiens – de nombreux chrétiens, mais surtout des musulmans qui se sont retrouvés pris entre les fronts islamiques. La plupart des réfugiés sont arrivés après 2006, lorsque les violences terroristes ont littéralement explosé. Aujourd’hui, le service des réfugiés des Jésuites (JRS) les soutient dans leurs démarches et les prépare à l’exil vers des terres plus hospitalières.

Selon les autorités locales, 450.000 Irakiens vivraient actuellement en Jordanie. Il est dans l’intérêt du royaume que ces chiffres soient les plus élevés possible, afin de soigner sa réputation de pays à vocation humanitaire. Toutefois, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) doute de la véracité de ces chiffres et estime qu’il s’agit plutôt de 150.000 Irakiens. Selon les estimations de Raed Bahou, directeur régional de la mission pontificale à Amman, 20.000 d’entre eux seraient chrétiens. Il estime qu’à l’apogée de la vague de réfugiés avant 2008, entre 60.000 et 80.000 chrétiens auraient fui en Jordanie. En tout état de cause, c’est une foule de gens pour un pays comptant 6,4 millions d’habitants.

Outre de purs calculs politiques, l’accueil des réfugiés en Jordanie se fonde aussi sur la solidarité arabe et la traditionnelle hospitalité. Les réfugiés n’ont toutefois aucun statut juridique. Le royaume hachémite n’avait jamais ratifié la Convention de Genève relative au statut des réfugiés, et les considère donc comme des « invités ». Ce qui a des conséquences concrètes pour ceux qui souhaitent – et ne peuvent – travailler.

La plupart des réfugiés vivent de ce qu’ils ont pu emporter en fuyant. Comme de nombreux chrétiens irakiens appartenaient à la classe moyenne aisée, ils ont emporté avec eux des biens matériels. Mais au bout de longues années d’exil, ils sont nombreux à avoir épuisé leur argent. Un grand nombre de réfugiés sont contraints de recourir au travail au noir ou aux envois de leurs proches installés en Occident. L’État ne leur apporte aucune aide et les Nations Unies ont limité l’alimentation.

Pour faciliter l’intégration des réfugiés dans les pays occidentaux, surtout aux USA, leur destination principale, le service des réfugiés des Jésuites (Jesuit Refugee Service) organise à Amman des cours privés d’anglais. Quatorze enseignants dispensent gratuitement des cours de langue et d’informatique. Environ 2.000 personnes s’y inscrivent chaque année. Des autocars entretenus par les Jésuites organisent le transport vers l’établissement d’enseignement de la communauté gréco-catholique à Amman-Est.

L’établissement est fréquenté non seulement par des enfants, des adolescents, mais aussi des adultes. Ils sont accueillis par les Jésuites indépendamment de leur religion ou appartenance ethnique. Des cours en ligne sont même envisagés, pour que les jeunes réfugiés puissent obtenir un diplôme de l’université privée jésuite Regis à Denver, au Colorado, et se préparer à une nouvelle vie loin de leur ancienne patrie, l’Irak.

Olivier Maskan/at

(CathoBel 23 juin 2012)