Les Jésuites de la Province de Belgique Méridionale et du Luxembourg (BML)

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Les Echos de juin-septembre 2011

21 septembre 2011

La revue "Les Échos" transmet la vie des jésuites de la Province des jésuites de Belgique Méridional et du Luxembourg.


EDITO

Petite histoire des Echos

Le premier numéro des « Echos des Provinces Belges de la Compagnie de Jésus » date de février 1937, la rédaction et l’administration étant à Drongen-Gent. En août 1938, ces services sont transférés à Arlon. Pas de nom de rédacteur. Six numéros par an. Les jésuites belges sont à l’époque plus de 1700 prêtres et frères, également répartis au nord comme au sud. Pas d’interruption de 1941 à 1946 : les numéros des « Echos de la Province méridionale belge » sont polycopiés. L’impression reprend en janvier 1947. En février 1949 apparaît de la publicité, dont celle pour le chocolat Côte d’Or et l’hebdomadaire Spirou ! En avril 1955, la rédaction s’établit définitivement à St Michel à Bruxelles.

« Le 23 décembre 1992, le Seigneur a rappelé à lui le Père Lucien Goux. Il fut pendant plus de 50 ans le rédacteur de cette revue. » Ainsi commence l’édito du n° 1/1993 par le Père Pierre Pattyn, responsable des ECHOS depuis août 1989. Dès 1990, la couverture de la revue et de nombreux dessins à l’intérieur sont illustrés par le Père Pierre Defoux à qui nous rendons un hommage en octobre par une exposition-rétrospective à Godinne. Mort à la tâche le 28 juillet 2002, le Père Pattyn est remplacé par Monsieur Mehdi Lmoual qui revoit entièrement la présentation de la revue et met en place les transformations futures. Le P. Xavier Léonard, lui succède en 2004. Trois ans plus tard, je suis amené à être rédacteur en chef. Après le passage à la quadrichromie au numéro 1+2/2010 (pour des raisons techniques, il n’y a pas eu de numéro 3+4/2010), nous sommes heureux de vous envoyer ce numéro des ECHOS 2011/1 qui sera suivi dans quelques mois par l’Hommage aux jésuites décédés 2009-2010.

[/Frère Roland Francart sj/]


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EN Belgique Méridionale et Luxembourg

Lettres des deux Pères Provinciaux de Belgique

[/Quittant sa charge de Provincial,
le Père Daniel Sonveaux écrit à ses compagnons :
/]

Chers Compagnons,
Chers amis,

Il y a six ans, lorsque j’ai fait ma retraite personnelle quelques jours avant de devenir Provincial, j’avais médité certains passages de la 34ème Congrégation Générale, et spécialement ceux qui me semblaient mener au cœur de notre être jésuite : vivre au service de la mission du Christ. Je vous l’avais partagé dans la première lettre que je vous ai adressée, au début du mois de septembre 2005.

Des années ont passé. Nous avons cheminé ensemble, et nous avons œuvré ensemble. Il y a eu, bien sûr, les tâches quotidiennes de nos ministères, les moments de prière et de partage en communauté, le courage discret mais tenace au long des journées ordinaires. La présence du Seigneur se fait alors dans notre existence constance et fidélité, discernement, confiance mutuelle, mais également dynamisme inventif et tourné vers l’avenir. L’amitié vraie ne peut jamais être blasée. Au contraire l’Esprit Saint la rend toujours vivante et risquée : être des amis dans le Seigneur donne ainsi toutes ses chances à l’appel qui agit au cœur profond de chaque compagnon, quel que soit son « status ».

Il y a eu aussi des événements marquants, au travers desquels le Seigneur s’est donné comme le Dieu des vivants, tout le contraire d’un garant des sécurités acquises ! Les Anniversaires ignaciens nous ont préparés au renouveau qu’a suscité la 35ème Congrégation Générale. Elle l’animera encore longtemps. Le P. Général nous entraîne sur la voie de la disponibilité à la volonté de Dieu. Qu’est-ce à dire aujourd’hui ? Insertion dans le monde pour plus de justice et de profondeur spirituelle ; ne pas se contenter d’à-peu-près ; collaboration avec celles et ceux qui travaillent aux réorientations et aux réconciliations nécessaires pour que notre monde devienne plus humain, plus ouvert à l’Évangile de Jésus Christ. Le P. Nicolás nous surprendra encore comme il l’a fait, en toute simplicité et amitié, lorsqu’il était parmi nous le 25 septembre dernier. Il a été un témoin de cette force, de ce « feu » intérieur et missionnaire dont le 2ème Décret de la 35ème CG décrit la libre progression d’appel en appel, et de choix en choix, jusqu’aux frontières.

Je rends grâce à Dieu pour ces six années de ma vie de jésuite au service de notre Province (qui en cours de route a changé de nom !). Une Province qui doit persévérer : qui désire en effet de ne pas se replier sur elle-même ni sur ce qui, incontestablement, réussit bien dans l’espace de ses responsabilités. Une Province qui choisit d’aller de l’avant, portée par la grâce de cette obéissance libre à laquelle les Exercices de saint Ignace nous préparent.

Je remercie chacun de vous pour votre confiance, même au travers des moments douloureux, aux carrefours des décisions difficiles. Ma gratitude va aussi à celles et ceux avec lesquels j’ai eu l’honneur – car tant de compétences et d’engagements forts m’ont édifié ! –, et le plaisir de collaborer : que d’amitiés là aussi, qui révèlent avec discrétion quelque chose du sens de cette Parole de Jésus : « Sachez-le, le Royaume de Dieu est parmi vous ! »

Je veux terminer aujourd’hui ce témoignage de reconnaissance en adressant un merci tout spécial à Franck Janin pour sa disponibilité à l’appel de la Compagnie. Je l’assure de ma communion de prière fraternelle à ses intentions et à celles de notre Province, spécialement pour les vocations. Je suis heureux de continuer à servir parmi vous la mission du Christ qui, en vérité, donne sens à notre existence et à nos actes.

Daniel Sonveaux s.J.
Le 31 juillet 2011
En la fête de saint Ignace de Loyola


[/Commençant sa nouvelle charge comme Provincial,
le Père Franck Janin écrit à ses compagnons jésuites :
/]

Chers Compagnons,

En ce début de provincialat permettez-moi de vous adresser quelques mots.
Tout d’abord je veux vous remercier pour les nombreuses marques d’attention et de soutien reçues durant toutes les semaines écoulées. J’ai touché la bonté profonde du corps que nous formons comme Compagnie et comme Province.

J’adresse aussi au Père Daniel Sonveaux la gratitude de la province pour son attention aux personnes, les services rendus et les initiatives qu’il a prises au cours de son provincialat. Il n’a pas non plus ménagé sa peine au service de l’ensemble de la vie religieuse comme président de la COREB dans des circonstances très difficiles et délicates. Qu’il en soit vivement remercié.

Deux livres lus durant mes vacances m’accompagnent, et inspirent ce que je voudrais vous partager. Le premier, intitulé Deux petits pas mouillés sur le sable, est un témoignage. Celui d’une maman qui raconte l’accompagnement de sa petite fille Thaïs, qui, atteinte d’une maladie orpheline, meurt à trois ans, paralysée, après avoir perdu successivement la marche, la parole, la vue, l’ouïe. Une parole, fil rouge, traverse le récit : « Il faut ajouter de la vie aux jours lorsqu’on ne peut plus ajouter de jours à la vie. » Le deuxième ouvrage est celui du théologien Christian Salenson, directeur de l’Institut de Science et de Théologie des Religions à Marseille. Son titre : Christian de Chergé. Une théologie de l’Espérance. L’auteur y déploie les ressorts profonds qui ont présidé au choix des moines de Thibirine de demeurer, malgré les menaces de mort, au lieu de leur appel et de leur vocation à tisser ce dialogue d’amitié avec leurs frères et sœurs d’Islam. Et ceci au nom du « Christ plus grand » fondement de notre espérance. Ce Christ qui fait de nos différences non plus un prétexte de conflit mais un chemin vers l’unité. « Nos chemins convergent quand une même soif nous attire au même puits » (Christian de Chergé).

Ces deux ouvrages ont résonné en moi faisant écho à l’invitation répétée du Père Général à la « profondeur ». Ils me renvoient aussi à cette image forte utilisée lors de la 35ème Congrégation Générale : celle du feu, capable de par son intensité, d’en engendrer d’autres.

Confrontés aux forces de diminution, de perte, de mort même qui les environnaient, cette jeune maman ou ces moines auraient pu choisir la solution du repli et du découragement. Ils ont fait un autre choix. Ils ont fait des circonstances contraignantes une telle opportunité que, contrairement à tout pronostic, le rayonnement de leur vie en a été décuplé et que des espaces nouveaux, non imaginés, se sont déployés pour eux et pour beaucoup d’autres.

De bien des manières nous aussi, jésuites de la BML - insérés dans un contexte qui nous dépasse largement-, sommes confrontés à des diminutions, des limitations, des pertes. Elles sont réelles. Mais elles risquent de créer un malentendu, une illusion même, aboutissant à nous faire douter du « Christ plus grand » et de l’espérance qu’il insuffle. Ne plus être en mesure de multiplier nos présences communautaires ou nos champs d’action nous convoque, d’autant mieux, à les cerner avec précision et à les vivre avec une vraie profondeur. Dans son dernier ouvrage, La Vie vivante, Jean-Claude Guillebaud dénonce la tyrannie et la domination dans nos sociétés de ce qu’il appelle la « pensée du nombre ». Vivre pleinement n’est pas une question de quantité, d’extensivité, de largeur mais bien plutôt de concentration, d’intensité, de profondeur.

Dans quelques mois nous vivrons un événement important avec la convocation de la congrégation provinciale. Comme vous le savez, le nombre des membres sera moindre que précédemment. Ceci dans la perspective d’une capacité d’échanges et de discernement en commun plus grand. Les questions posées par le Père Général autour des signes de vie nouvelle ou de créativité apostolique retiendront en particulier notre attention. Afin que cet événement mobilise toute la Province, chaque communauté sera invitée à prendre le temps d’approfondir ces questions et à en communiquer les conclusions aux membres de la Congrégation. Ce sera certainement l’occasion de ressaisir la lettre sur la planification apostolique adressée à la province en mai 2010 par mon prédécesseur le Père Daniel Sonveaux qui ne nous laisse pas sans déterminations et orientations fortes. Dans les années à venir d’autres rendez-vous, je le souhaite, permettront d’ouvrir des chemins de dialogue et de discernement entre nous et avec d’autres, en réseau, à l’intérieur ou à l’extérieur de nos frontières. Bien sûr il nous sera donné de faire des choix qui nous demanderont beaucoup de liberté. Puissions-nous en faire une opportunité non pour vivre moins mais au contraire pour « ajouter de la vie à vie », « du feu au feu », au nom de l’espérance invincible que nous communique le « Christ plus grand » et dont nous sommes les compagnons.

Je souhaite à chacun une bonne rentrée espérant que l’été a pu offrir ses temps de ressourcement et de repos nécessaires.

Croyez en ma disponibilité. Je compte sur votre prière.

En toute fraternité,

Franck Janin sj
Provincial BML


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365 jours dans la Province, Roland Francart, s.j.

Le 31 juillet 2011, le Père Daniel Sonveaux, supérieur provincial depuis 2005, a passé le relais au Père Franck Janin, qui était Directeur du Centre Spirituel Ignatien de La Pairelle depuis 2002. Originaire de Versailles, où il est né en 1958, le Père Franck Janin est entré au noviciat en 1984. Ordonné prêtre en 1990, il fut membre de l’équipe du Centre Religieux Universitaire des FUNDP de 1992 à 1994 et maître de Novices à Bruges de 1995 à 2001. A partir du 1er août, le Père Daniel Sonveaux est en période sabbatique. Il suivra un semestre de cours au Centre Sèvres à Paris et résidera dans la communauté Saint Jean de Brébeuf de la rue d’Assas. Il poursuivra son mandat de président de la COREB (Conférence des religieuses/religieux en Belgique) durant quelques mois. Le 1er mars 2012, il succédera au Père Etienne Vandeputte comme assistant ecclésiastique national de la CVX (Communauté de Vie Chrétienne) de Belgique francophone.

La veille de l’entrée en fonction du nouveau Père Provincial, l’Évêque auxiliaire de Bruxelles Monseigneur Jean Kockerols, a présidé la messe de Saint Ignace en l’église Saint Jean Berchmans. Les Pères Sonveaux et Janin ainsi que de nombreux autres concélébrants entouraient l’Évêque.


Le 12 juillet 2011, nous apprenions la nomination du Père Jean-Claude Hollerich comme Archevêque de Luxembourg. Originaire de Differdange et membre de la Province du Japon depuis 2002, Jean-Claude Hollerich est vice-recteur de l’Université Sophia à Tokyo, professeur d’allemand et d’Etudes Européennes. Il succède à Monseigneur Fernand Franck, Archevêque de Luxembourg depuis 1991. L’ordination épiscopale aura lieu à Luxembourg le 16 octobre 2011.


Le 1er juillet 2011, plusieurs changements ont été annoncés dans les communautés de la province. La Communauté Saint Claude la Colombière, compte quatre nouveaux membres : le Père Xavier Breuls (venant de Godinne), le Père Léo Duvieusart (venant du Congo), le Père Marcel Gérard (venant de Charleroi) et le Père Paul Smolders (venant de St Michel). Depuis un an, sont arrivés le Frère Bruno Ineichen (de Godinne), les Pères Pierre Defoux (de Namur), Marc de Quirini (de Wépion) et son frère Pierre (de Godinne), Eddy Jadot (de St-Ignace), Etienne Blanpain et Georges Krug (de Godinne).

Le 17 septembre, 10 jubilaires ont été dignement fêtés. Le 1er octobre, le Frère Roland Francart a déménagé à la Communauté St Ignace à Ixelles.

A la Communauté Bienheureux Pierre Favre (quartier du Béguinage de Bruxelles), le Frère Michaël Schöpf (de la Province d’Allemagne) est parti au troisième an de Los Angeles. Le Père Christophe Renders quittera ses fonctions de directeur du Service jésuite des Réfugiés en Belgique pour rejoindre ce Service en Afrique de l’Ouest en janvier 2012. Enfin, le jeune jésuite Wouter Blesgraaf (de la Province de Hollande) rejoint l’équipe du Service jésuite des Réfugiés en Belgique pour une période de stage. Le Frère Gonzague Jolly, qui collabore à la « Poudrière », fait partie de cette communauté depuis un an.

Après quelques mois passés à La Colombière, le Père Etienne Amory reste à la Communauté Saint François Régis, mais en passant de La Viale –Lozère (France) à La Viale-Quartier Gallet (Beauraing) qui fête ses 20 ans d’existence ce 2 octobre.

La Communauté Saint Ignace à Ixelles reçoit un nouveau Supérieur, le Père Xavier Dijon. Il succède au Père Etienne Vandeputte, qui reprend la direction du Centre spirituel de La Pairelle. Depuis septembre 2010, le Père Richard Erpicum, venu d’Afrique Centrale, exerce le service d’exorciste pour Bruxelles. En septembre 2011, il est nommé Président du Centre Lumen Vitae en remplacement du P. Benoît Malvaux qui était aussi Directeur de l’Institut International. Le Père Etienne Braun, venant de Liège, collabore à l’économat de la province.

A la Communauté du Théologat Saint Robert Bellarmin, le Père Dirk Leenman poursuit une formation à l’IET en vue de la maîtrise. Le Père Daniel de Crombrugghe revient à Wépion où il collabore à l’équipe du Centre spirituel et à l’Arche Namur. Il continue à gérer le site de la province www.jesuites.be. Le Père Alban Massie part à Dublin pour la dernière année de sa formation, dans le cadre du troisième an européen.

Par un décret donné à Rome le 7 juillet 2011, le Père Adolfo Nicolàs, Supérieur général de la compagnie, ferme la Communauté Saint Paul de Godinne. Tout en gardant leurs insertions apostoliques, les membres de la communauté rejoignent d’autres communautés. Ainsi, le Père Xavier Breuls devient membre de la communauté Saint Claude la Colombière. D’ici la mi-novembre, les Pères Christian Mols, Brunot Clarot, Henri Tihon et Jean van den Eynde rejoindront la communauté Notre-Dame de la Paix à Namur. Le Père Marc Godin partira à Wépion et le Père Jean Mottet à Luxembourg. Le Père Dominique Lagneau réside à Liffré dans le diocèse de Rennes et devient membre de la communauté du Théologat Saint Robert Bellarmin à Bruxelles.

A la Communauté St Servais de Liège, le Père Henri Mortiaux, venant de Wépion, est aumônier de la Communauté du Chemin Neuf au Carmel de Mehagne. Le Père Marc Chodoire est arrivé lui aussi de Wépion, depuis le début de cette année 2011 : il est engagé dans la pastorale hospitalière (Montegnée et Saint-Joseph Liège). Son arrivée à Liège a suivi son pèlerinage entrepris en juin 2010 depuis le sud de la Belgique jusqu’à Loyola et Manrèse. Il a récemment publié un livre retraçant cette expérience : « J’ai vu le soleil dans tes yeux » aux éditions Fidélité. Le Père Paul Malvaux avait vécu lui aussi un pèlerinage en 2010 : il a marché de Liège jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle, juste après son retour du troisième-an aux Philippines. Il est depuis lors curé de l’Unité Pastorale St Martin. Il y travaille notamment avec Denis Joassart qui est vicaire dans la même unité pastorale

Le Père Maurice Gilbert, professeur émérite d’exégèse de l’Ancien Testament à l’Institut Pontifical Biblique de Rome, est membre de la communauté du Christ-Roi de Luxembourg depuis avril 2011.

A Namur Communauté Notre-Dame de la Paix, le Père Jacques Denis devient économe de la communauté. Il remplace le Père Léon Wuillaune décédé en juin dernier. Après avoir présenté un doctorat en chimie aux FUNDP, le Père Praveen Martis rentre dans sa province de Karnataka en Inde et part au troisième an à Sitagarha (province de Hazaribag, Inde). Le Père Etienne Ganty, de la Communauté Pedro Arrupe à Erpent, repartira en janvier 2012 en République Dominicaine comme professeur de philosophie. Le Père Xavier Griffé quitte Angleur pour résider à Erpent. Le Père Jean-Marc Balhan de la Communauté Saint Jean Berchmans, s’en retourne à la résidence Saint Ignace d’Ankara. Le Père Roland Cazalis (de la Province de France) devient économe de la Communauté. Le Père Charles Delhez fait partie de cette communauté depuis un an. Il est aumônier des étudiants, tout en conservant ses autres activités.

Le Père Paul Gilbert est nommé doyen de la Faculté de Philosophie de l’Université Grégorienne de Rome.

A Wépion, la Maison Saint Robert Bellarmin, compte trois nouveaux membres depuis juillet 2010 : les Pères Jean-Marie Glorieux (qui revient de Moscou) pour donner des retraites, Bernard Peeters (de Liège) comme adjoint à la coordination des collèges, François Philips (de Charleroi) comme inspecteur de religion et conseiller théologique du Conseil de la Jeunesse Catholique. Il collabore aussi à la chapelle dont le responsable est le Père Eric Vollen.

Enfin, le Père Michel Gilson, qui réside à La Diglette, succède au Père Paul Tihon comme supérieur de la Communauté de la Diaspora.

Le 30 avril dernier s’est tenue au couvent franciscain du Chant d’Oiseau de Woluwe-Saint-Pierre une « Journée de Province » rassemblant une centaine de jésuites de Bruxelles, Wallonie et Luxembourg. Grâce à la qualité de la préparation, de l’accueil et des interventions, cette rencontre a été l’occasion de mettre en valeur les lieux et les signes d’espérance pour le monde contemporain et l’Eglise. Dans les questions qui clôturaient la quinzaine d’exposés sur différents aspects de nos engagements apostoliques, quelqu’un dans l’assemblée a demandé : « Mais où sont les jeunes en formation ? ». La réponse était simple : ils sont trois. Deux scolastiques de notre Province, Albert Evrard et Benoît Willemaers, sont au Centre Sèvres, à Paris. Quentin Coppieters se trouve aussi en France, à Lyon, où il commence sa deuxième année de noviciat. La prochaine « Journée de Province » aura lieu le 26 mai 2012.

Des supérieurs de La Réunion, l’île Maurice, Marseille, Aix, Toulouse, Lyon, St-Etienne, Bordeaux, Nantes, Paris, St-Denis, Lille, Charleroi, Namur, Reims, Luxembourg, Nancy, Louvain-la-Neuve et Bruxelles se sont rassemblés les 18, 19 et 20 mars à La Pairelle pour une session de formation.

Cette rencontre a permis à chacun de mieux connaître les autres, de prendre la mesure des diversités locales qui invitent à la créativité et d’expérimenter ce qu’est le corps de la Compagnie au-delà des espaces géographiques des lieux de vie et des pays.

Le gouvernement apostolique, la gestion des tensions vécues aussi dans la société et au sein de l’Eglise ont été notamment développés à partir des expériences du terrain.

Entre les deux provinces se tissent des réseaux autour des centres spirituels, de l’enseignement fondamental et secondaire, des éditions, de la formation des scolastiques, de l’attention aux vocations, … Ces réseaux peuvent s’appuyer notamment sur les spécificités de traditions culturelles communes.

Le 6 janvier 2011, la communauté Arrupe (Koninginnelaan) a accueilli les jésuites de Bruxelles au Collège Sint Jan Berchmans pour la traditionnelle rencontre de début d’année.

[/Roland Francart, s.j./]


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Nos Défunts

LE SEIGNEUR A ACCUEILLI DANS SA PAIX

Le Père Jean Willame, s.j., né à Nivelles le 3 septembre 1921, décédé à Mont-Godinne le 4 août 2010. Il était entré dans la Compagnie le 23 septembre 1938 et avait été ordonné prêtre le 15 août 1951.

Le Père Pierre Maon, s.j., né à Trois-Ponts le 23 mai 1926, décédé à Woluwe-St-Pierre le 29 octobre 2010. Il était entré dans la Compagnie le 9 août 1943 et avait été ordonné prêtre le 15 août 1957.

Le Père Vincent Charles, s.j., (Province d’Afrique Centrale), né à Schaerbeek le 15 mars 1923, décédé le 14 novembre 2010 à Uccle. Il était entré dans la Compagnie le 7 septembre 1940 et avait été ordonné prêtre le 15 août 1952.

Le Père Jacques Delperdange, s.j., né à Xhoris le 29 mai 1944, décédé à Bruxelles le 16 novembre 2010. Il était entré dans la Compagnie le 28 septembre 1975 et avait été ordonné prêtre le 25 juin 1983.

Le Père Jean Winandy, s.j. (Province d’Afrique Centrale), né à Verviers le 24 mars 1926, décédé à Liège le 29 décembre 2010. Il était entré dans la Compagnie le 2 octobre 1944 et avait été ordonné prêtre le 15 août 1955.

Le Père Jean Jadot, s.j., né à Namur le 1er janvier 1926, décédé le 16 janvier 2011 à Namur. Il était entré dans la Compagnie le 5 août 1944 et avait été ordonné prêtre le 10 août 1957.

Le Albéric Van Cutsem, s.j. (Province de Belgique Septentrionale), né à Anvers le 27 novembre 1911, décédé le 24 février 2011 à Woluwe-St-Pierre. Il était entré dans la Compagnie le 23 septembre 1930 et avait été ordonné prêtre le 24 août 1943.

Le Jean-Pierre Mols, s.j., né à Porz (Allemagne) le 1er décembre 1928, décédé le 27 février 2011 à Woluwe-St-Lambert. Il était entré dans la Compagnie le 14 septembre 1955 et avait été ordonné prêtre le 6 septembre 1961.

Le Père Edmond Stiennon, s.j. (Province d’Afrique Centrale), né à Saint-Josse le 14 février 1923, décédé le 9 avril 2011 à Woluwe-St-Pierre. Il était entré dans la Compagnie le 7 septembre 1941 et avait été ordonné prêtre le 15 août 1952.

Le Père Charles Hallet, s.j. (Province du Chili), né à Sougné-Remouchamps, le 4 septembre 1933, décédé le 1er mai 2011 à Valparaiso. Il était entré dans la Compagnie le 4 septembre 1952 et avait été ordonné prêtre le 6 août 1965

Le Père Léon Wuillaume, s.j., né à Forville, le 25 avril 1926, décédé le 5 juin 2011 à Namur. Il était entré dans la Compagnie le 5 août 1944 et avait été ordonné prêtre le 15 août 1957.

Le Père Paul Fontaine, s.j., né à Verviers, le 14 octobre 1924, décédé le 30 juin 2011 à Namur. Il était entré dans la Compagnie le 5 novembre 1943 et avait été ordonné prêtre le 31 juillet 1956.

Mme Marie-Anne van den Abeele, décédée le 14 juin 2010, sœur du Père François van den Abeele (Afrique Centrale).
M. Teunis Adrianus Leenman, décédé le 22 juin 2010, papa du Père Dirk Leenman.
M. Germain Sulbout, décédé le 10 juillet 2010. Après des dizaines d’années au service du diocèse de Kikwit (Congo), il avait été accueilli à la Maison St Claude la Colombière de Bruxelles.
M. Adrianus Leenman, décédé le 1er août 2010, oncle du Père Dirk Leenman.
Mme Bernadette Michot, décédée le 28 septembre 2010, belle-soeur du Frère Roland Francart.
Mme Sabine de Kirianov, décédée le 11 octobre 2010, soeur du Frère Joseph de Pierpont.
Mme Marie-Claire Chodoire, décédée le 16 octobre 2010, soeur du Père Marc Chodoire.
Mme Caroline de Montpellier d’Annevoie, décédée le 27 octobre 2011, petite-nièce du Père André Roberti.
M. Henri Guérin, décédé le 21 décembre 2010, frère du Père Pierre Guérin.
M. l’Abbé Etienne de Quirini, décédé le 30 décembre 2010, frère des Pères Marc et Pierre de Quirini.
Mme Lucienne de Walque, décédée le 30 décembre 2010, soeur du Père Xavier Breuls.
Mme Yvonne Vincke, décédée le 14 janvier 2011, maman du Père Eddy Jadot.
M. Richard Pirlet, décédé le 4 février 2011, beau-frère du Père Richard Erpicum.
Mme Agnès Boné-van der Mensbrugghe, décédée le 7 février 2011, tante des Pères Jacques et Michel Scheuer.
Mme Simone Fassotte, décédée le 9 mars 2011, belle-sœur du Père Pierre Guérin.
M. Etienne Pollet, décédé le 16 mars 2011, frère du Père Charles Pollet (Calcutta).
M. André Servais, décédé le 20 avril 2011, frère du Père Emmanuel Servais.
M. Hubert Tinant, décédé le 14 mai 2011, frère du Frère Gilbert Tinant.
Mme Norbert Dupont, décédée le 17 mai 2011, maman du Père André Moreau.
Mme Thérèse Vermer-Servais, décédée le 28 juin 2011, soeur du Père Emmanuel Servais.
Mme Marie-Louise Decroos, décédée le 16 juillet 2011, belle-soeur du Père Godefroy Pirsoul


Initiatives & Événements :

Présentation du nouveau Provincial

Depuis le 31 juillet, le Père Franck Janin est le nouveau supérieur provincial des Jésuites de la Province Méridionale Belge et du Luxembourg.

Il est né en 1958, à Versailles, où il a fait ses études secondaires. Il rejoint ensuite des communautés de l’Arche : un an à Trosly-Breuil (Oise) et deux ans en Côte d’Ivoire.
[**« Cette communauté a joué un rôle clef dans ma vie. J’y ai appris la simplicité, le sens de l’accueil de l’autre tel qu’il est, l’importance de la fête… Je me souviens des soirées du dimanche : Jean Vanier y commentait les textes du jour. J’y ai goûté la force de l’Ecriture et de l’Évangile. A l’Arche, j’ai posé de profondes fondations humaines et spirituelles. J’y garde des liens d’amitié et de collaboration très forts. »*]

De retour en France, le jeune Franck décide d’entamer des études d’éducateur spécialisé. En attendant de passer l’examen d’entrée, il envisage de prendre une année pour approfondir sa foi.
[**« Des jésuites belges avaient commencé à s’installer à l’Arche pour faire leur “Troisième an”. C’est ainsi que j’ai rencontré le Père André de Jaer. Par lui, j’ai eu connaissance de l’existence de l’lnstitut d’Études Théologiques à Bruxelles. Le Père Pierre Gervais, alors supérieur du Théologat, à qui je partageais ma perplexité quant à mon logement, me proposa de rejoindre une des communautés existantes. »*]

Un appel

L’année s’achève. Le Père Janin a réussi l’examen d’entrée à l’école d’éducateur et une communauté de l’Arche de la région parisienne est prête à l’accueillir pour qu’il fasse sa formation en cours d’emploi. Cependant il perçoit qu’il doit demander confirmation de son orientation de vie.
[**« Je décide alors de faire une retraite et je m’engage dans les Exercices de 30 jours. J’ai vécu là l’expérience la plus déterminante de ma vie. Je découvre les Exercices Spirituels de saint Ignace et, au cours du chemin de discernement, qu’ils engagent je perçois un appel nouveau, surprenant, à devenir prêtre. »*]

Le Père Janin décide alors de poursuivre sa formation théologique et la vie en communauté déjà entamées. Après trois ans, la décision de demander à entrer dans la Compagnie de Jésus se présente naturellement.
[**« Pour moi, être jésuite, c’est avant tout entrer dans la Compagnie universelle. Si je suis entré en Belgique c’est qu’il me semblait juste de rester fidèle à mon histoire concrète qui a vu cet appel se concrétiser sur le sol belge. J’ai donc fait mon noviciat à Wépion. »*]

Après le noviciat, le Père Janin complète sa formation philosophique à Namur avant d’être envoyé pour deux ans comme professeur de religion, animateur spirituel et éducateur au collège SFX 1 de Verviers.
[**« Je craignais cette insertion dans un collège, ayant moi-même des souvenirs mitigés de ma scolarité. J’ai rencontré à Verviers une communauté fraternelle et une équipe de professeurs très accueillante. Des expériences d’animation resteront gravées dans ma mémoire, comme ces Gospels bien connus dans le collège. Je retiens également de ces deux années mes rencontres très interpellantes et bousculantes comme visiteur de prison. L’attention à la dimension sociale, une des caractéristiques de la Compagnie de Jésus depuis ses débuts, devenait ici très concrète pour moi ».*]

Après une année supplémentaire de théologie, le Père Janin est ordonné prêtre, à Bruxelles, en avril 1990 avec six autres confrères. Au mois de septembre, il est envoyé au Canada, à Toronto, pour compléter sa formation par une maîtrise en théologie pastorale. Durant ces deux années, outre les cours à l’université, il suit un bon nombre de formations dans le domaine de l’accompagnement spirituel. Son travail de mémoire, publié dans la collection Vie Consacrée, étudie les liens entre la spiritualité de l’Arche et les Exercices Spirituels. De retour en Belgique, il est envoyé aux Facultés Universitaires Notre Dame de La Paix comme aumônier au CRU (Centre Religieux Universitaire). A côté de cela, il est engagé dans la Communauté de Vie Chrétienne et comme aumônier de la communauté de l’Arche de Namur.

Une nouvelle orientation attend le Père Janin. Depuis quelques années, le noviciat est commun pour les flamands et les francophones et il se déroule à Bruges. L’alternance veut que le Père Maître soit cette fois-ci un francophone. Le père provincial demande au Père Janin s’il était prêt à s’engager dans cette mission. Il y a une condition de taille : il faut absolument connaître le Néerlandais.
[**« Il me semblait à première vue totalement incongru que l’on me demande, à moi un français, de remplir cette mission. Il y avait cependant un service important à rendre. Participer à la formation de jeunes attirés par la vocation jésuite est un privilège. Ce fut ardu mais en même temps, j’ai été tellement bien reçu chez les compagnons de Flandre que je garde un excellent souvenir de ces années. Et Aujourd’hui je suis très heureux de pouvoir m’y retrouver dans cette langue et de me sentir ainsi davantage “belge”… »*]

Cinq années plus tard, l’expérience du noviciat commun prend fin. Le Père Janin est appelé à rejoindre la communauté et le Centre Spirituel Ignatien de La Pairelle, à Wépion. D’abord inséré pour une part dans l’équipe et d’autre part dans la pastorale des vocations, il est nommé directeur du Centre en 2002.
[**« J’ai vécu au Centre Spirituel de très belles années marquées tout particulièrement par l’esprit de collaboration et de partenariat entre laïcs, religieuses et jésuites à tous les niveaux de la gestion ou de l’animation spirituelle. J’ai expérimenté tout au long de ces années la pertinence pour aujourd’hui de l’héritage d’Ignace qui donne de faire une rencontre si personnelle de la personne du Christ qui envoie dans le monde. Il y a chez beaucoup de nos contemporains une soif de profondeur, de grandes attentes de vie spirituelle même si elles ne sont pas toujours clairement exprimées. »*]

Provincial

Cette année le Père Daniel Sonveaux achevant son mandat de six ans comme Provincial, la désignation d’un successeur était à l’ordre du jour. Chez les jésuites, c’est le Préposé Général (appelé communément Général) qui nomme le Provincial à partir d’informations qu’il reçoit de la province. Le dossier qui lui est transmis contient un profil qui tient compte de la situation de la province et des défis à venir ainsi que trois candidats qui correspondent à la définition de la charge. ’’J’ai été très étonné d’être parmi les trois. A ce moment-là, on peut renoncer mais il s’agit de motiver son refus ». Être provincial n’est pas une promotion. C’est un service que le Jésuite rend pour une période limitée à ses compagnons avant de réintégrer une communauté au terme de son mandat.

Le supérieur Provincial a pour mission d’être à l’écoute de chaque membre de la province. Une fois par an, une rencontre personnelle est prévue avec chacun pour faire le point : évoquer des désirs, des regrets, présenter des projets, recevoir des appels... C’est un lieu de discernement essentiel dont l’objectif est un envoi en mission qui soit adapté au mieux à la personne dans son cheminement humain et spirituel. Ce souci tout particulier aux personnes ne se sépare pas d’une attention au bien-être des communautés et aux lieux où les compagnons de Jésus sont envoyés et qui sont si divers.
[** « Face à cette mission je sais que je peux compter sur la confiance et l’engagement de tous. Le corps de la Compagnie se construit avant tout par cette fidélité de chacun à sa vocation de Compagnon de Jésus. »*]


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Vie & Partenariat :

Rubrique des éditions Lessius

La rubrique des éditions Lessius

Notre année éditoriale 2009 s’est terminée par une réflexion sur les fondements de la foi chrétienne. Nous avons eu la joie de publier le livre de Peter Knauer s.j., Pour l’intelligence de notre foi, dont l’édition allemande est à son septième tirage. Des traductions avaient déjà vu le jour en espagnol, en portugais et en italien avant la nôtre en français. Ce grand succès s’explique très certainement par le don qu’a l’auteur d’approcher les réflexions métaphysiques les plus complexes en les incarnant dans la quotidienneté. C’est en effet à partir d’exemples concrets que Peter Knauer nous invite à réfléchir sur la foi et à en répondre devant la raison.

L’année 2010 s’est ouverte sur la parution d’Un chrétien dans les pas du Bouddha, de Jacques Scheuer. Grand spécialiste des religions indiennes, le P. Scheuer n’en est pas moins extrêmement pédagogue et nous conduit, avec bonheur, à travers mille et un sentiers escarpés. S’il explique clairement les différences fondamentales qui existent entre le bouddhisme et le christianisme, il nous aide tout autant à voir où sont les vraies connivences. Le lecteur ne peut qu’être séduit par la profondeur et la finesse de cet ouvrage.

L’Évêque et son diocèse, de Vincenzo Paglia, pose une question cruciale : comment être pasteur dans l’Église de ce début de millénaire ? Cette réflexion, limpide et exigeante, intéressera et interpellera toute personne, prêtre ou laïc, exerçant des responsabilités au service d’une communauté chrétienne. « L’identification avec Jésus, bon berger, doit marquer de son empreinte l’être et le comportement du pasteur. Le service pastoral est avant tout une manière de vivre, une façon de se concevoir, à l’image de Jésus, “bon berger”, plein de miséricorde et d’amour pour tous. »

Après Les Versets douloureux. Bible, Évangile et Coran entre conflit et dialogue et La vie hors la loi. Est-il permis de sauver une vie ?, le rabbin David Meyer publie un troisième livre coécrit avec le pasteur Jean-Marie de Bourqueney : Le Minimum humain. Réflexions juive et chrétienne sur les valeurs universelles et sur le lien social. Aujourd’hui, nos sociétés nous confrontent au défi multiculturel du « vivre ensemble » et les théologiens ont à s’interroger sur les valeurs que leur propre tradition pose comme base à l’Universel. « Y aurait-il un “minimum humain” sur lequel on pourrait tous s’entendre, et qui constituerait un socle fiable pour une coexistence harmonieuse ? » Le rabbin David Meyer mène l’enquête à partir des sept lois noachiques. Le pasteur Jean-Marie de Bourqueney, quand à lui, met en lumière la question de l’universel dans le christianisme.

Délibérer en Église. Hommage à Monsieur l’abbé Raphaël Collinet, official du diocèse de Liège a été publié sous la direction d’Alphonse Borras, vicaire épiscopal de Liège et canoniste bien connu. Cet ouvrage propose un ensemble de contributions de biblistes, de théologiens, d’historiens, de canonistes et de juristes, susceptibles d’alimenter et d’instruire le débat en faveur d’une délibération en Église. Les lecteurs mettront à profit ces études relatives au processus de délibération dans des domaines aussi variés que les causes de nullité de mariage, les modes de délibération au Vatican ou encore la relation Église – État en Belgique…

Anne Khoudokormoff-Kotschoubey et sœur Élisabeth (éds) nous invitent à découvrir la vie et l’œuvre de la grande-duchesse Élisabeth Feodorovna dans Élisabeth de Russie, moniale, martyre et sainte. Ce très bel ouvrage comprend un choix de lettres de la grande-duchesse Élisabeth de Russie à son neveu et beau-frère le tsar Nicolas II, ainsi que différents documents et témoignages sur la vie, la pensée et le martyre de sainte Élisabeth, née princesse de Hesse-Darmstadt, et sur la communauté d’entraide au statut original qu’elle a fondé, la Demeure de miséricorde Marthe-et-Marie.

Jésus et l’éthique. « Va et fais de même ! », de William C. Spohn, un livre au titre évocateur, est le dernier ouvrage publié par Lessius avant l’été. « Le commandement de base que donne Jésus à la fin de l’histoire du Bon Samaritain invite les chrétiens à penser analogiquement : “ Va et fais de même ! ” (Lc 10, 37). Le commandement n’est pas “ Va faire exactement la même chose ” que le Samaritain. Ce n’est assurément pas non plus “ Va faire ce que tu veux.” L’expression “ fais de même ” implique que les chrétiens doivent être fidèles à l’histoire de Jésus, mais créatifs pour l’appliquer à leur contexte. Les disciples ne clonent pas la vie de leur maître ; ils suivent le maître. »

Comme vous vous en souvenez certainement, à l’occasion de son 40e anniversaire l’Institut d’études théologiques s’est associé en février 2009 à la Faculté Notre-Dame de Paris pour évoquer, lors d’un colloque, la figure de son fondateur principal, le P. Albert Chapelle. Les éditions Lessius viennent de publier Dieu à la source. La théologie d’Albert Chapelle, sous la direction de Bernard Pottier, qui donne à connaître à un large public les interventions d’une douzaine de personnalités dont le cardinal Christoph Schönborn, le cardinal André Vingt-Trois et Mgr Pierre d’Ornellas.

Notre dernière parution, L’être et l’amour. Un itinéraire métaphysique, un livre qui fait la part belle aux philosophes allemands, est le deuxième ouvrage d’Emmanuel Tourpe aux éditions Lessius. Après Donation et consentement. Une introduction méthodologique à la métaphysique, E. Tourpe nous mène à travers l’histoire de la philosophie pour atteindre la métaphysique de l’amour qui entend dépasser l’alternative contemporaine entre modernité et postmodernité par l’identité toujours plus grande du fini et de l’infini.

Nous vous souhaitons une excellente rentrée et… de bonnes lectures !

[/Nadège Guillaume/]


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La Compagnie en Europe & dans le Monde :

Lettre de Chine, Olivier Lardinois, s.j.

Chers membres de la famille, amis et confrères jésuites francophones,

C’est du bureau du presbytère de Chienshih que je vous écris. Dehors dans la cour de l’église, six adolescents torse nu jouent au basket sous la lumière caressante d’une belle fin d’automne ensoleillée. On est mercredi après-midi et ils viennent de terminer leur journée de classes au collège d’État voisin. Quand je suis arrivé à Taiwan au beau milieu de l’été 1990, ces jeunes garçons n’étaient pas encore nés. Plus de vingt ans déjà que j’ai immigré dans ma seconde patrie, le temps passe vite.

Ma mère me le reproche parfois au téléphone. Je raconte peu de ce que je fais de mes journées, préférant écrire sur les personnes et les réalités que je côtoie ici dans le diocèse de Hsinchu, ou dans la province chinoise du Yunnan où je me rends de temps en temps. Pour satisfaire à sa curiosité (peut-être aussi la vôtre), je traiterai dans cette lettre du cadre de ma mission et de l’horaire hebdomadaire qui rythme ma vie.

La semaine d’un curé de montagne, doyen d’un district d’une quinzaine de paroisses, est souvent bien remplie. Le risque c’est de tomber dans la routine, de ne pas assez méditer et réfléchir sur ce dont on tente de témoigner avec les confrères curés, jésuites ou non jésuites, les agents pastoraux laïcs (religieuses, catéchistes), et les paroissiens les plus engagés des diverses communautés ecclésiales du lieu.

Le doyenné oriental du diocèse comprend la partie économiquement la moins développée du département de Hsinchu, celle qui ne borde pas la mer. En son centre, la citée industrielle de Chutung grouille de vie avec plus de 80.000 habitants, un grand marché journalier respirant l’abondance, une kyrielle de commerces bien alignés aux banderoles multicolores, cinq ou six énormes écoles, deux gros hôpitaux et tous les autres services qu’on peut attendre d’une ville de taille moyenne. La communauté catholique locale composée en majorité d’aborigènes descendus de leurs montagnes, est fort vivante. On y compte bien plus d’adolescents, d’enfants et de jeunes couples que dans la plupart des autres paroisses citadines du diocèse, au public souvent moins populaire. Deux autres caractéristiques de la paroisse tenue par un compatriote, Corneille Hermans : la mixité ethnique (aborigènes et chinois s’y entendent fort bien, la liturgie y est pluriculturelle) ; le souci de soutenir les enfants défavorisés (une école des devoirs y accueille, trois soirées par semaine, plus de 60 collégiens).

Autour de Chutung, il y a la riante campagne Hakka (ethnie chinoise) avec ses rizières dorées, ses gros villages aux temples centenaires, ses lourdes maisons de briques, ses collines couvertes de mandariniers, de champs de thé et de forêts de genêts parsemées de camphriers odoriférants. C’est là que se trouvent trois grosses institutions fondées autrefois par nos Pères : le lycée professionnel de Hsinpu (1.500 élèves en mécanique, électricité, électronique et informatique), les centres pour handicapés mentaux enfants, ados et adultes de Huakuang et Shikuang.

Dans l’est du doyenné, il y a les montagnes peuplées par les aborigènes des ethnies Tayal et Saiysiat : villages clairsemés entre 400m et 1600m d’altitude, forêts de bambous balayées par les vents, torrents pierreux et cascades rafraîchissantes, jardins et vergers alpins en plans inclinés (délivrant choux, poivrons, patates douces, tomates, pêches, prunes, poires et kakis), réserves abondantes et protégées de solides conifères formosans : cyprès, mélèzes, cèdres, pins blancs et noirs. À une hauteur de 3.492m, le pic rocheux du mont Papak, en forme d’oreille couchée, surplombe cette magnifique zone de verdure, malheureusement de plus en plus envahie par le tourisme de masse durant les WE et temps de vacances.

De quoi sont faites mes journées dans cette verte contrée ? Vu l’étendue de la région que je viens de décrire, je passe beaucoup de temps sur les routes, le plus souvent en vieille camionnette 4x4 ou à moto, parfois aussi à pieds ou en bus. Comme je suis curé de deux paroisses séparées par un haut col de montagne, je passe les WE alternativement à Chienshih dans mon presbytère d’"avant montagne" et à Hsiuluan dans mon presbytère d’"arrière montagne". Chacune des deux paroisses compte plusieurs églises et chapelles, j’y préside donc la messe dominicale cinq ou quatre fois par semaine en étalant ces offices du vendredi soir au dimanche après-midi. Outre les messes, il a bien entendu d’autres types de service à délivrer, ici et là, en fonction des besoins : porter la communion aux personnes isolées et âgées, bénir un nouveau véhicule ou un gars qui s’en va au service militaire, préparer un couple au mariage ou un groupe de catéchumènes au baptême, participer à une veillée de prière dans une famille pour un malade, un mort ou toute autre personne ayant spécialement besoin d’être consolée et encouragée.

Je ne m’ennuie jamais quand je suis en tournée de WE, mais j’en reviens fourbu. Aussi les dimanches soir, je suis souvent juste bon à ouvrir une cannette de bière fraîche et à me délasser devant un film pas trop mauvais à la télé. Heureusement, quand je me rends à Hsiuluan, c’est souvent avec Wensen, le catéchiste salarié de la paroisse. Ce jeune père de trois enfants, m’aide à rester au courant de la situation des communautés locales et de chaque famille. Pour la conduite de la voiture, la préparation des repas, la réception et le compte des quêtes, l’entretien du poêle à bois en hiver et le jardinage autour des deux presbytères en été, nous alternons les tâches.

Les deuxième et quatrième lundis matin du mois sont consacrés aux réunions fraternelles : une fois sur deux à Chutung avec les confrères curés et vicaires du doyenné, l’autre dans la résidence-paroisse jésuite de Hsinchu avec les dix-huit compagnons de ma communauté. L’après-midi, je me rends au centre fermé pour ados issus de familles en difficulté, qui a été fondé à Baoshan par les Soeurs franciscaines missionnaires de Marie. J’anime là un groupe de partage biblique rassemblant plusieurs jeunes de notre district qui ont été internés dans l’institution pour des raisons variées : violence paternelle, abus sexuel par un adulte, alcoolisme juvénile, inadaptation au monde scolaire, engagement dans une triade,...

Le mardi matin se passe en réunion à l’évêché où je suis membre de plusieurs conseils. Une fois par mois, s’y tient une demi journée de récollection destinée à favoriser la communion entre les prêtres du diocèse. C’est un moment important car le clergé local est fort diversifié et international : de moins en moins d’européens et de chinois taiwanais, de plus en plus de coréens, de vietnamiens et de philippins, quelques africains aussi. L’après-midi, je conduis 45 minutes d’autoroute pour aller au théologat de l’université Fujen à Taipei, où je donne deux heures de cours par semaine et où je supervise le travail d’un petit centre de recherche en théologie et pastorale aborigène. Je prends alors souvent le repas du soir avec les scolastiques (séminaristes jésuites), et les confrères professeurs de la communauté adjacente.

Les mercredis matin, je suis de retour en paroisse : réunion avec les agents pastoraux, paperasseries à trier, courrier à répondre (souvent en lien avec le travail fait au Yunnan). À sept heures du soir, je me rends dans l’église du hameau voisin de Naluo. La paroisse de Chienshih y possède une école maternelle non payante qui fait le bonheur des jeunes couples de nombreuses familles pauvres des environs. Avec la Soeur directrice, une solide italienne sarde septuagénaire au caractère bien trempé, je préside là une messe adaptée pour les enfants (et les grands-mères) du village.

Les jeudis, je suis en vadrouille hors paroisse à exercer mon travail de doyen : visite de confrères à encourager, règlement de conflits, traitement de divers problèmes administratifs. La plus délicate de mes missions, c’est de devoir jouer le médiateur entre un jeune évêque autocratique assez conservateur et une chrétienté locale qui souhaiterait plus d’écoute, de compréhension et de concertation de la part de sa hiérarchie. Pour me détendre de cela, je passe souvent la fin d’après-midi du jeudi dans notre lycée professionnel de Hsinpu. On y a aménagé un dortoir-foyer pour permettre à une vingtaine de jeunes aborigènes de s’y former dans un climat serein. C’est toujours une joie de pouvoir passer un peu de temps avec eux. Parfois, j’en profite pour encourager quelques profs et membres de staff de l’école qui ne travaillent pas dans un climat facile : la part des élèves à la traîne, peu disciplinés et pas trop motivés pour les études, augmente visiblement chaque année.

Les vendredis, je n’ai rien de préorganisé. J’en profite pour prier un peu plus dans la solitude de ma terrasse à vue champêtre, pour marcher seul dans la nature ou pour faire une sieste plus longue en lisant quelque chose d’intéressant. Un vendredi par mois, j’accueille à Chienshih une équipe CVX (Communauté de Vie Chrétienne) de jeunes étudiants et professionnels aborigènes. Cette équipe a la particularité de prendre en charge une part de la pastorale de la jeunesse du doyenné. On y compte deux jeunes militaires professionnels, un instituteur et un futur professeur de lycée, deux ouvriers qualifiés, un employé de mairie et un étudiant en droit discernant un engagement dans la vie religieuse. Tous essayent d’avoir une vie plus conforme à l’Évangile et ces moments de partage fraternel sont assez motivants.

Outre un horaire de semaine chargé, le curé que je suis, doit sans cesse s’exercer à la disponibilité. On est en effet souvent soumis à l’imprévu : une semaine soudain chargée en funérailles, des visites de malades à faire en urgence à l’hôpital, devoir se rendre au bureau des affaires sociales de la préfecture pour aider à régler des problèmes de "cas sociaux" : violence conjugale, orphelins à placer, ado ou père de famille menacé de prison, etc. Heureusement entre confrères, on se soutient et on s’entraide. On encourage aussi de plus en plus les paroissiens à prendre en charge eux-mêmes une partie des services assurés par les paroisses, même si cela n’est pas évident car la plupart d’entre eux travaillent dur pour gagner leur riz. Ils sont en majorité petits agriculteurs indépendants, conducteurs de camions, manoeuvres dans la construction ou ouvriers de nuit dans les manufactures d’ordinateurs de l’énorme parc industriel qui surplombe les deux prestigieuses universités de haute technologie de la ville de Hsinchu. Elles sont pour la plupart mères de familles, agricultrices, aides-soignantes en hôpital ou en maisons pour personnes âgées, nettoyeuses de rue et/ou ouvrières de cantines. Ces paroissiens, hommes et femmes, trouvent pourtant du temps et de l’argent à consacrer à la communauté ecclésiale locale avec un souci réel de consoler et d’aider les plus démunis et les plus malheureux. C’est pourquoi, sans cesse, leur témoignage nous évangélise et nous encourage à aller de l’avant.

Voilà ma simple vie de tous les jours ici à Taiwan. Elle est loin d’être parfaite, mais rend heureux et tâche de contribuer à sa façon à une humanité meilleure.

En vous souhaitant un peu à l’avance une bonne et sainte fête de Noël, avec aussi beaucoup de joie dans la vie qui sera la vôtre tout au long de l’année 2011, je reste en union de coeur et de prière avec vous tous.

[/Olivier Lardinois, s.j. (Chienshih, 2010-11-25)/]


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Brèves

1. Après trois professeurs de Lumen Vitae (Philippe Bacq, Benoît Malvaux et André Fossion) qui ont passé une semaine à Pékin fin 2009, ce fut au tour du Frère Roland Francart de découvrir la Chine, une des « préférences apostoliques » de la Compagnie (CG35, D. 3, n° 39). À l’invitation du Provincial de Chine, il a participé à une session internationale de formation pour scolastiques (25 participants de 12 nationalités et 3 assistants du P. Général), durant 3 semaines en avril et mai 2010 à Pékin, Xi’An, Sancian (île où est mort St François-Xavier) et Macao.

2. Le Père Alban Massie a soutenu à Paris sa thèse de doctorat sur "Le peuple juif, peuple prophétique et nation témoin, dans le Contra Faustum de saint Augustin", le 12 juin 2010 à l’École Pratique des Hautes Études, cinquième section (religions et systèmes de pensée), et le 25 juin au Centre Sèvres. Les deux jurys lui ont accordé la mention très honorable avec félicitations du jury.

3. Le 20 juin 1985 était fondé le Centre Religieux d’Infos & d’Analyse de la Bande Dessinée (CRIABD) par le Frère Roland Francart. Vingt-cinq ans plus tard, le Conseil d’Administration de l’asbl a invité Mgr André-Joseph Léonard à fêter ce quart de siècle au Salon BD du Collège St-Michel (entre l’église et le réfectoire des élèves) le mercredi 20 octobre 2010.

4. À l’occasion du 150ème anniversaire de la naissance de Rabindranath Tagore, le Rabindra Smriti Puraskar, considéré comme la plus haute distinction littéraire du Bengale, a été attribué au Père Paul Detienne pour l’ensemble de son oeuvre bengalie : le prix lui a été officiellement remis fin 2010, au cours d’une cérémonie organisée en son honneur. Rappelons que le premier ouvrage du P. Detienne « Pages déchirées de mon journal », présenté comme la meilleure publication littéraire bengalie des années 1971-1972, a été couronné du Prix Narasinha Das… ce qui lui a valu par ricochet, en 1977, le Prix Christophe Plantin, récompensant un Belge qui se distingue en activités culturelles à l’étranger.

5. Un atelier sur « L’Intégration des Immigrants » pour les apostolats jésuites européens, œuvrant en immigration, s’est déroulé à Bruxelles les 30 et 31 mars 2011. Il avait comme objectif d’initier un échange d’expériences et, lorsqu’approprié, de commencer un processus de planification d’activités communes. Cet atelier a eu lieu immédiatement après celui organisé par JRS-Europe sur la destitution des immigrants forcés.

6. Le 9 avril 2011, lors d’une séance à l’Académie Royale de langue et de littérature françaises de Belgique, le Prix Henri Davignon, prix quinquennal couronnant une œuvre littéraire d’inspiration religieuse, a été remis au Père Jean-Pierre Sonnet pour son essai Membra Jesu Nostri. Ce que Dieu ne dit que par le corps (Le Taillis Pré, Châtelineau, 2010, 77 pp., format (cm) : 14 x 17, ISBN : 978-2-87450-049-7).

7. Le Centre Interfaces, en collaboration avec les inspecteurs des cours de religion et de morale, a proposé aux professeurs de l’enseignement secondaire trois journées de formation sur le thème « La spiritualité, une dimension de l’être humain. Avec ou sans Dieu ? ». 200 enseignants ont participé, le 25 janvier dernier, à la première journée de cette formation subsidiée par l’Institut de formation en cours de carrière (IFC), qui s’est poursuivie les 31 mars et le 19 mai.

8. En juin 2011, Le Père Praveen Martis (KAR), de la Communauté Notre-Dame de la Paix, a défendu avec succès sa thèse de doctorat intitulée : « Multiwalled carbon nanotubes : decorated with metal nanocrystals & incorporated into metal matrices ».

Il a, en outre, au cours de ces trois dernières années, réalisé 5 publications internationales.

9. Vous trouverez sur le site de Lumen Vitae un article du Père Pierre Mourlon intitulé "Regard bibliques sur le corps humain", extrait de la revue Lumen Vitae, 2004,n°2. L’auteur, s’appuyant sur la Bible, montre que le langage de la possession ("j’ai un corps") ou le langage de la composition ("l’être humain est composé d’un corps et d’une âme") ne sont pas adéquats. Il s’agit donc de toujours parler du corps-sujet et d’affirmer "mon corps, c’est moi", à travers les pensées de mon coeur, les paroles de ma bouche, les gestes de mes mains. Un être en relation et un être de relations : tel est bibliquement tout être humain. Dès lors est resitué plus nettement l’importance et la portée de "Croire par ses cinq sens". Pierre Mourlon est notamment auteur de Coeur, langue, mains (Cahiers Evangile, n°46).


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Le Billet d’Humeur : Tommy Scholtes, s.j.

HABEMUS PAPAM

Un film est en train d’arriver sur les grands écrans qui font déjà parler de lui. « Habemus Papam », une parole prononcée solennellement à la Loggia de la Basilique st Pierre Rome quand le pape est élu au Conclave. Nanni Moretti, en grand réalisateur, écrit l’histoire… le pape élu n’apparaîtra pas au balcon, il est angoissé par la tâche qui lui tombe dessus, il quitte discrètement le Vatican et va trouver un psychiatre… Les critiques nous disent aujourd’hui que le film qui est à mi-chemin entre le mélodrame et le roman montre surtout la véritable humanité de l’homme qui est devenu pape.

Nous aurions aimé crier aussi en Belgique alors « Habemus gouvernementum »…. Plus de 450 jours avec un gouvernement en affaires courantes, sans grandes orientations possibles, ni décisions de politique générale ou financière, alors que la crise boursière gronde partout.

Les jésuites francophones de Belgique et du Luxembourg peuvent dire « Habemus Provincialum », le Père Franck Janin, ancien directeur du Centre Spirituel de La Pairelle à Wépion, et le Grand-Duché peut même se réjouir d’avoir reçu un Archevêque jésuite, le Père Jean-Claude Hollerich.

L’Archevêché de Malines recevait aussi trois nouveaux évêques auxiliaires, NN. SS. Kockerols, Hudsyn, et Lemmens.

Et si on commençait l’année en nous réjouissant ? « Habemus des projets » … D’abord de mieux vivre ce que l’on vit déjà, dans tous les partenariats avec les laïcs. Et puis d’ouvrir nos yeux « apostoliques » en repérant partout ce qui se vit de beau et de fort, qui stimule notre propre rayonnement… et si cela pouvait même devenir contagieux…

Nous pourrions dire avec vous « Habemus fratres » ou « Habemus amicos ».

Les Echos, les sites internet vont s’en faire l’écho ! C’est reparti pour un an !

Et une fois n’est pas coutume, je me réjouis qu’on ait pu se réjouir de l’œuvre artistique du Père Pierre Defoux. Merci cher Pierre pour tous tes dons !

[/Tommy Scholtes, s.j./]


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Le Dossier : Pierre Defoux, une rétrospective, Robert Myle, s.j.

CARTUSE, RABAUD, HERON, NITRICOLE et les autres…

Du 8 au 23 octobre 2011, a lieu au Centre Culturel d’Yvoir-Godinne (« La Vieille Ferme » à Godinne-sur-Meuse), une exposition-rétrospective en hommage à l’œuvre artistique du Père Pierre DEFOUX, sj.

Durant sa longue carrière d’enseignant dans nos collèges du Congo et de Belgique, Pierre Defoux a pu développer avec bonheur ses multiples talents artistiques, les mettant, avec une rare inventivité, au service d’une pédagogie de l’expression tout à fait originale. Nombre d’anciens se souviendront avec joie des spectacles mémorables montés par Pierre et ses cercles théâtraux, tant dans le cadre scolaire que parascolaire. Le comité organisateur de la rétrospective s’est donné une triple tâche. Réaliser d’abord un recensement de l’œuvre. Organiser ensuite l’exposition. Publier enfin conjointement une monographie qui est une présentation de l’artiste et de son œuvre en même temps qu’un catalogue raisonné de cette dernière. Le présent dossier est un extrait de cette monographie. C’est de diverses manières que Pierre a déployé ses talents dans le domaine des arts plastiques : peinture de chevalet, peinture murale, vitraux, sculpture sur bois, sur pierre et sur papier mâché, dessin sur papier (œuvres originales, illustrations de livres et de revues, B.D., images imprimées…), diapositives, décors de théâtre, marionnettes, architecture d’intérieur et aménagements et surtout, depuis sa retraite de l’enseignement en 1988, céramique.

Vie consacrée

Pour ma part, je voudrais revenir ici sur une part fugace de l’œuvre
graphique de Pierre : les illustrations sous forme de B.D. qu’il a réalisées pour la revue Vie Consacrée, de mars 1989 à novembre 1990 soit onze planches d’une page. On trouvera, publiée ici, une douzième planche qui était restée inédite. Cette série forme un petit ensemble tout à fait intéressant. Elle illustre fort bien le talent de Pierre : sa virtuosité technique et notamment sa maîtrise de la caricature, son inventivité et surtout son humour.
En 1988, le Comité de rédaction de la revue Vie Consacrée et sa directrice, Sœur Noëlle Hausman, désiraient égayer leur digne revue et tâcher de lui « susciter un peu de sourire aux lèvres ». Faute de pouvoir infléchir en ce sens le contenu des articles, Sœur Noëlle eut l’idée originale de solliciter la collaboration de Pierre Defoux. On se souvenait encore de Ces Inutiles…Propos sur la vie religieuse paru chez Duculot en 1962 auquel Pierre avait collaboré en y croquant magistralement poncifs, grandeurs et mesquineries de l’état religieux. « Pour ma part, leur répondit Pierre, il y a longtemps que je suis converti et que je crois à la nécessité de faire rire beaucoup de choses et surtout toutes celles qui sont malades de sérieux. C’est dire que j’approuve sans réserve votre désir. » Et Pierre de citer Umberto Eco qui, dans le roman Le Nom de la rose, fait dire à Guillaume de Baskerville : « Le devoir de qui aime les hommes est peut-être de…faire rire la vérité (souligné dans le texte) ». Ainsi acquise, cette collaboration judicieuse offrait le double avantage d’(entr)ouvrir les pages de la revue à la fois à l’art et à l’humour. C’était aussi leur reconnaître une place (modeste) dans la littérature spirituelle. Le projet se concrétisa peu à peu. On s’arrêta à l’idée d’une page humoristique sous forme de B.D., dans chaque numéro. Fallait-il inventer un héros ou une héroïne qu’on aurait retrouvé de numéro en numéro, confronté(e) à des situations ou à des problèmes de vie religieuse chaque fois différents ? Pierre vit clairement d’emblée qu’il fallait que chaque planche constituât un tout bouclant sur lui-même. Car, de deux en deux mois, le lecteur aurait sans doute perdu le fil d’une éventuelle histoire suivie. Un moment, notre artiste songea à créer un personnage féminin : une novice prénommée Sœur Alice qui aurait vécu ses aventures « au pays des Mères vieilles » ! L’idée fut finalement abandonnée au profit du traité Pratique de la perfection chrétienne d’Alphonse Rodriguez qui fut retenu comme corpus de base. Ce jésuite espagnol, longtemps maître des novices, publia sa somme ascétique en 1609. L’œuvre connut un immense succès jusqu’au milieu de XXe siècle. Des générations de novices la fréquentèrent abondamment durant leur noviciat. La doctrine de Rodriguez est puisée aux meilleures sources de la littérature spirituelle et vise avant tout l’exhortation pratique. Rodriguez se voulait plus ascétique que dogmatique ; c’est pourquoi les chapitres doctrinaux sont souvent suivis de chapitres narratifs où des anecdotes, tirées de la vie des saints ou de celle des Pères du Désert (4e et 5e siècles), viennent sensément confirmer la doctrine exposée. On voit que Rodriguez, plutôt que de s’attacher à motiver l’agir, préfère y inviter par la séduction de l’exemple. Ses apologues, surtout ceux tirés des récits des Pères du Désert, débordent de (fausse) naïveté. On sait qu’Henri Bremond a fait l’apologie de ces récits. Jules Lebreton y voyait « l’expression de la vie profonde du cœur », par opposition aux productions de la raison raisonnante. Ce sont ces historiettes remontant aux premiers âges de la vie consacrée que Pierre Defoux choisit d’illustrer. Toutes sont puisées dans le tome quatre de Rodriguez, où il est question de pauvreté, d’obéissance et de vie commune. Ce choix libérait Pierre du double problème d’inventer un héros et d’imaginer un scénario. Il pourrait ainsi consacrer tout son talent à transposer l’anecdote choisie en une planche de B.D.

Une page de B.D. venue du désert

Pierre choisit de présenter celle-ci chaque fois en trois registres de quatre cases verticales, ce qui fait une page de douze cases. L’anecdote y est traitée en trois « voix » polyphoniques : dans quasi chaque case, on voit, en haut : le texte narratif ; au centre, les phylactères de dialogue ou de monologue et, en bas, le dessin. Le tout est traité avec une virtuosité remarquable ; le résultat bénéficie d’un maximum d’expressivité obtenu avec un minimum de moyens : sens de la narration, concision, caricature bonhomme, sérénité, humour, sens spirituel : tout y est !

Il y aurait plusieurs considérations à faire concernant ce choix des apologues des Pères du Désert et de leur traitement en B.D. Les rédacteurs de la revue savaient d’emblée que ces dessins risquaient d’être mal perçus et mal reçus par certains lecteurs. « Nous risquons sans doute de ne pas rejoindre l’humour de tous nos lecteurs », écrivaient-ils au sommaire du numéro de février 1989, créant en l’occurrence une magnifique figure d’inversion. Et ils concluaient : « Que leur amour se fasse donc miséricordieux pour ceux qu’un tel langage réjouira ! » Ce que Pierre Defoux tente d’exprimer à sa façon dans cette série, c’est la dimension esthétique de l’éthique. Il rejoint, reprend et redéploye l’antique tradition des Pères du Désert et leur humour paradoxal qui a traversé les siècles. Ce faisant, il s’inscrit dans la lignée des enlumineurs du moyen âge. En illustrant les manuscrits, ceux-ci n’hésitaient pas à évoquer la vie monastique dans ses aspects les plus incarnés et ne lésinaient pas sur les détails humoristiques ou même ironiques sinon triviaux. Le récit appelle l’image. Toute image est limitée, bien sûr, à la vision de l’artiste. C’est le lot de toute production plastique. Mais l’image peut être polysémique. Une fois livrée au public, elle échappe à son créateur pour mener sa vie propre… Comme le symbole dont elle relève, l’image donne à penser, pourrait-on dire, en paraphrasant Paul Ricoeur. Là où certains n’ont voulu voir que des dessins de « petits mickeys », étaient repris et formulés en récits pertinents et en langage contemporain quelques invariants de la vie consacrée exprimés dès l’origine. Ces apophtegmes et apologues antiques nous apparaissent ainsi paradoxalement étonnamment modernes, grâce à leur relecture et, si je puis dire, à leur réécriture, telles ces icônes sans cesse réécrites au cours des âges, toujours identiques et pourtant toujours nouvelles.

Des réactions outrées

Ces récits déconcertants, cet humour étrange, ces dessins sous forme de B.D….ont immédiatement trouvé leurs détracteurs, comme le comité de rédaction de la revue le prévoyait. Tel lecteur, par exemple, se dit « très attristé de voir paraître ces dessins. Cette manière de mettre en scène le diable, le péché, la damnation ou l’abandon de la vocation [lui paraît] insupportable ». Il soupçonne l’artiste d’avoir modifié les histoires de Rodriguez dont il avait gardé un souvenir plus édifiant. Malgré que l’humour de ces « gravures » lui paraisse plein de « vraie gentillesse », il lui semble évident qu’il n’est pas édifiant. « Le sérieux de la vie chrétienne y est oblitéré, conclut-il, et le combat spirituel, banalisé ». Cela lui paraît « hors de propos dans une revue qui se veut au service de la vie consacrée ». La critique est sévère. Elle n’est pas neuve. Elle demande pourtant qu’on s’y arrête et qu’on y réponde. Ce qui dérange ici, c’est la reprise, chez Rodriguez, de ces historiettes ‘saugrenues’ des Pères puisées en amont et, en aval, le traitement d’humour au carré que leur fait subir Pierre Defoux. Il y a surtout la question de fond, sous-jacente à toute critique : est-il permis de (sou)rire lorsqu’on traite de vie chrétienne, de vie spirituelle, de vie consacrée ?

A partir de la Renaissance et de la Réforme, les récits des Pères du Désert ont trouvé leurs détracteurs, principalement dans certains milieux protestants opposés au monachisme et surtout à l’anachorétisme et cela, au nom du rationalisme. Ainsi Adolf Harnack condamne-t-il la Vie d’Antoine par Athanase ; l’ascèse et la mystique lui paraissent trop proches de la mentalité des sectes païennes ou juives. Les études catholiques par contre, dès les travaux du jésuite Robert Rosweyde éditant les Verba Seniorum dans les Vitae Patrum (Anvers, 1615), réhabilitèrent cette tradition par les contributions, entre autres, de Bousset et de Jules Lagrange. « Vie, spontanéité, naturel…, écrit ce dernier, on y retrouve le caractère des vieux moines : ce ne sont que des fellahs coptes, des illettrés, ils se défient de l’écriture, ils parlent peu, leurs sentences ont un relief puissant, ce sont des paroles pleines de l’Esprit-Saint, et, comme le dit l’un de leurs disciples, leurs discours sont tranchants comme des épées ; ils se complaisent dans les paraboles, dans les anecdotes ; point de dissertations dogmatiques, point de sermons, peu de miracles, peu de visions, mais l’expression spontanée de la vie profonde du cœur. » Et Henri Bremond, qui rapporte cette dernière citation, rappelle que ces solitaires des déserts égyptiens ou syriens sont à l’origine de la vie religieuse dans l’Eglise : « Après la période des persécutions violentes,… une institution nouvelle, le Désert, servit alors puissamment à maintenir la pure doctrine morale du Christ, les principes de l’abnégation, de l’oubli de soi, de la vraie charité, de l’état de guerre constant avec la chair, et avec ce monde qui survivait, plus séduisant et dangereux, à la ruine de l’Empire persécuteur. » Nos solitaires sont donc des frères universels, des fondateurs et des précurseurs ; rien ne limite le nombre infini de leurs destinataires : ni les distinctions sociales, ni les degrés de culture ni les époques historiques. Ce sont des spirituels qui prêchent d’exemple : en peu de formules et avec une grande liberté de ton, ils rendent sensible et témoignent de la sagesse pratique qui sous-tend leur ascèse. Ils sont « pré-conceptuels » : les synthèses seront élaborées plus tard. Pourtant ils maîtrisent déjà toutes les clés du progrès moral inspiré par l’Evangile. « Ces fellahs presque anonymes, aussi peu savants que les pêcheurs de Galilée, ont pétri à leur tour et façonné pour toujours le monde des âmes, conclut Henri Bremond ; en cela ils sont modernes à un point qui nous étonne ».

Peut-on rire des choses spirituelles ?

L’intérêt pour la littérature de nos Pères étant ainsi quelque peu justifié, il reste l’autre objection : son caractère étrange, paradoxal, excessif, bouffon parfois et hilarant. Son humour, surtout. L’objection n’est pas neuve. Godeau, un pieux évêque, écrivait par exemple en 1662 : « L’histoire des Pères du Désert fournit des exemples de pénitence plutôt admirables qu’imitables et qui, par les choses extraordinaires qu’elle contient, sont devenues plus propres pour exciter la risée des gens du monde que pour les toucher et pour les convaincre ». Nombre de religieuses et de religieux âgés qui ont lu Rodriguez au cours de leur noviciat souscriraient sans aucun doute aujourd’hui à ce jugement, en y remplaçant l’expression « gens du monde » par celle de « religieux ». Il est vrai qu’il faut disposer d’assez d’esprit –et d’ouverture d’esprit- pour ne pas moquer ou mépriser les pages les plus déconcertantes, amusantes ou humoristiques de nos Pères mais pour y admirer au contraire la sûreté de leurs intuitions religieuses, leur bon sens constant et leur humanité toute évangélique. Rien de plus humain en vérité que « ces croquemitaines de l’ascèse », comme les surnommait Bremond. Sommes-nous bien sûrs qu’ils n’aient pas ri avant nous de ce qui nous fait rire chez eux ? Car ils avaient de l’humour et ils s’en servaient pédagogiquement. C’est ce qui leur est reproché par certains, considérant que le discours religieux ne peut tolérer ni rire ni sourire. L’humour serait interdit lorsqu’on traite de Dieu, des thèmes sacrés et de la vie chrétienne ; le rire y serait diabolique. L’absolu de Dieu qui interpelle l’homme placerait celui-ci d’emblée au cœur d’une exigence de sérieux incompatible avec quelque forme d’humour que ce soit. C’est cette problématique qu’Umberto Eco a placée au centre de son roman Le Nom de la rose : que faut-il penser du rire ? Et l’humour, qui occupe une place particulière dans la catégorie du rire, peut-il avoir un rôle dans la vie chrétienne, peut-il y être utile ? La réponse à cette question sera susceptible de justifier la création des petites B.D. de Pierre Defoux, dans la foulée de Rodriguez et des Pères du Désert. Nions immédiatement deux sophismes. Un : rire, ce n’est pas se moquer. Deux : l’humour n’est jamais ironique, il est au contraire toujours bienveillant. Précisons ensuite la notion d’humour et son fonctionnement. La philosophie consiste à regarder les choses d’un peu plus près ; l’humour, lui, les considère d’un peu plus loin, de façon à adopter un point de vue différent. Il est vrai que, prenant du recul par rapport à son objet, l’humour ménage un espace de liberté, relativise le problème éventuel et semble défier l’absolu. Pourtant, à travers ses paradoxes, il crée du sens et exprime une réelle sagesse humaine. Lorsqu’il est chrétien, l’humour va plus loin : c’est parce qu’il voit les événements en Dieu qu’il peut les relativiser. « La racine de l’humour chrétien, c’est la confiance en Dieu et la bienveillance envers le prochain et envers soi-même », écrit André Derville. Ce dernier point est capital : pouvoir se regarder soi-même avec humour, cela peut aider puissamment à lutter contre l’hypertrophie du moi et la tendance à exagérer l’importance des aléas de l’existence. L’humour d’un accompagnant peut aider la croissance spirituelle du sujet en le ramenant à l’essentiel et en brisant le mouvement centripète du narcissisme.

Au cours de l’Histoire, plusieurs saints n’ont pas hésité à solliciter l’humour dans leurs rapports avec Dieu et avec les autres, sinon avec eux-mêmes. Bernard de Clairvaux, François d’Assise, Thomas More, Thérèse d’Avila, Philippe Néri, François de Sales, Jean XXIII,…chacun pour sa part et à sa manière fut humoriste. Quant aux contempteurs de l’humour en général et chez les Pères du Désert en particulier, que nous disent leurs réticences sinon la difficulté de certains à se trouver confronté à sa propre réalité, à sa propre image imparfaite et pécheresse, fût-ce de manière oblique, au travers d’un récit ou d’une parabole, ménageant donc une distance salutaire ? Distance augmentée, de surcroît, par le choix de récits qui nous renvoient à une époque lointaine, antique et quasi mythique, celle des solitaires de la Thébaïde.

Finalement, quel serait pour nous le message toujours vivant des Pères du Désert ? –C’est qu’il n’y a de perfection gagnée et reçue que par le dépassement de nos imperfections. Quoique sauvés, nous restons imparfaits. Les voies de la perfection sont longues, ardues et l’humour consiste à le reconnaître. Sans l’avoir jamais théorisée, les solitaires avaient intériorisé et assimilé parfaitement la loi d’or de la pratique de la perfection : croire en la patience et en l’humour de Dieu qui nous connaît et nous aime plus que nous-mêmes.

Les sommaires et la fin

En novembre 1990, après onze livraisons seulement, l’illustration de Rodriguez est abandonnée dans les pages de Vie Consacrée. Pierre Defoux, jamais à court d’idées, la remplacera par la création de son propre clone, le Frère Gribouille, qui, dans chaque numéro de la revue, « découvrira le sommaire » et commentera chaque article d’une vignette humoristique. Il le fera fidèlement, sans discontinuer, jusqu’en novembre-décembre 2003, soit dans 78 numéros.

Tout au long de ces années, par toutes ses contributions humoristico-spirituelles, la question que le Père Pierre Defoux n’a cessé de poser aux lecteurs de Vie Consacrée est la suivante : « Religieuses, religieux, pourquoi nous arrive-t-il trop souvent de ne pas (sou)rire ? »

[/ Robert Myle sj/]


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