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Devenir prêtre jésuite : découvrez l’interview

Benoît Willemaers, ordonné prêtre

30 mai 2016

Benoît Willemaers, s.j., a été ordonné prêtre le 2 avril dernier, en l’église Saint-Jean Berchmans (Bruxelles). Né en 1981 à Verviers, où il a grandi, aîné d’une famille de quatre enfants, Benoît Willemaers est licencié en sciences politiques de l’ULg. Il complète cette formation par une année de droit européen au Collège d’Europe (Varsovie). Il entre dans la Compagnie de Jésus en 2006. Après deux années de noviciat à Lyon, il rejoint Bruxelles où il collabore au Service jésuite des réfugiés (JRS-Belgium) comme visiteur de centres fermés. Viennent ensuite cinq années d’études en philosophie et théologie aux facultés jésuites de Paris, de 2010 à 2015, années durant lesquelles il est aumônier d’étudiants. Aujourd’hui, il est au service de l’Unité pastorale Saint-Martin à Liège. Il est aussi engagé dans la pastorale de la jeunesse, notamment dans les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ, Cracovie) et dans la pastorale scolaire.
DECOUVREZ SON INTERVIEW

Devenir prêtre : qu’est-ce que cela représente pour toi ?
Une nouvelle façon de rendre service aux gens auprès de qui je suis envoyé. En tant que religieux, cela fait déjà près de dix ans que je suis envoyé en mission, de manière variée, suivant les moments. Être ordonné prêtre, c’est pour moi pouvoir témoigner d’une façon nouvelle, notamment à travers les sacrements, de la présence aimante du Christ aux hommes et femmes d’aujourd’hui.

Comment est née et a grandi ta vocation ?
Il y la famille, d’abord. J’ai eu la chance de grandir dans une famille où la foi tenait une réelle place. A travers la pratique et la prière mais aussi grâce à des parents impliqués dans les œuvres pastorales et de charité de la paroisse. Puis, il y a eu la figure d’un professeur de religion au Collège, nous invitant à nous engager auprès d’enfants du Quart Monde. Par la suite, lors d’un échange étudiant au Colorado, j’ai été très marqué par la communauté paroissiale, très vivante. J’évoquerai encore les longues discussions autour d’un verre avec des amis protestants, qui m’ont forcé à articuler plus en profondeur ma foi. Enfin, le déclencheur de ma vocation a été un voyage d’étude en Bosnie Herzégovine avec le Collège d’Europe, durant lequel nous avons été interpellés par l’Évêque du lieu. A la fin de la rencontre, il était très clair pour moi que ma place n’était pas dans l’administration européenne ou la diplomatie (mon rêve d’alors) mais dans un autre type de service.

Pourquoi la Compagnie de Jésus ?
Parce que je la connaissais un peu. Je suis moi-même un élève des jésuites puisque j’ai suivi des humanités gréco-latines au Collège Saint-François Xavier I (Verviers) et une année de « math spéciale » à Bruxelles. Mes parents recevaient à la maison la visite de quelques amis jésuites. Je ne me voyais pas entrer dans une abbaye ou intégrer une paroisse. Dans la Compagnie de Jésus, j’étais et je reste frappé par la diversité des personnes et des apostolats.

Qu’est-ce qui est important pour toi dans la vie religieuse ?
Que la vie religieuse soit un lieu où l’on cherche ensemble comment mieux se mettre à la suite et au service du Christ. C’est bien beau de vouloir se donner mais comment agir ? Avoir des compagnons avec qui se mettre en route et avoir des supérieurs qui me poussent là où je n’imaginais pas aller (ou là où je n’avais pas envie d’aller) est une chance incroyable.

Quels sont tes engagements professionnels et apostoliques ?
À Paris, j’étais surtout engagé dans la pastorale étudiante. Depuis septembre 2015, j’accomplis à Liège un stage « de terrain » à l’Unité Pastorale St-Martin. Je donne aussi quelques coups de pouce en pastorale scolaire. Demain se définit petit à petit et m’oriente vers la pastorale des médias et de la jeunesse. Autant en profiter, tant que je n’ai pas de cheveux blancs.

Que voudrais-tu apporter au monde et à l’Eglise d’aujourd’hui ?
Soyons ambitieux ! Je voudrais aider ma génération et l’Église à entrer en dialogue selon l’a priori de bienveillance dont parle Ignace de Loyola. Sans fausses facilités mais en aidant chacun à trouver la part de vérité qu’apporte l’autre.
Qu’as-tu envie de dire à un jeune, amené à prendre une décision de vie importante ?

Je luis dirais avant tout de ne pas s’enfermer dans une alternative simpliste de « faire ou pas ». C’est le meilleur moyen de se braquer. Au contraire, il est bon de confronter la décision possible à une autre possibilité, parfois tout aussi sérieuse. Ensuite, vivre un peu de temps avec les deux possibilités, les porter dans la prière, en parler avec des personnes de confiance. Et faire le choix qui promet le plus de bonheur, même si c’est le plus difficile. Et pourquoi pas la vie religieuse ?
En arrivant au noviciat, j’ai été frappé par le fait que les appels des uns et des autres avaient été très différents, du parcours graduel au coup de foudre. Dès lors, la seule réponse que je puisse proposer est d’oser en parler et d’entrer dans un accompagnement spirituel. L’appel est trop singulier pour ne pas se discerner singulièrement.

Qu’est-ce qui fait ta joie aujourd’hui ?
Etre appelé à prononcer une bénédiction. C’est-à-dire à être témoin d’une chose bonne et pouvoir dire que Dieu y est présent, s’y fait présent par son amour. Et c’est une chose extraordinaire à entendre.

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